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Crédits d’honneur : qui peut en bénéficier et comment ?

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Par Nadya Jennene

    Les crédits d’honneur suscitent de nombreuses interrogations chez les Tunisiens désireux de financer un projet, notamment sur les conditions d’accès, les garanties exigées, les possibilités de cumul et les conséquences en cas de défaut de paiement. Invité mercredi 2 septembre 2026 sur les ondes de Mosaïque FM, l’expert-comptable spécialisé dans le secteur bancaire Sofiene Weriemi a apporté plusieurs éclaircissements sur le dispositif.

    Premier point important : le crédit d’honneur se distingue du crédit bancaire classique notamment par l’absence de certaines garanties personnelles. Selon Sofiene Weriemi, la banque ne peut pas exiger du demandeur des garanties personnelles, telles qu’une caution personnelle ou la constitution d’une hypothèque sur un bien personnel.

    Cela ne signifie toutefois pas que la banque renonce à toute forme d’évaluation. L’établissement bancaire conserve le droit d’examiner la capacité de remboursement du demandeur, en fonction notamment de ses revenus et de ses charges.

    Autrement dit, l’absence de garanties personnelles ne signifie pas que le crédit est accordé automatiquement. La banque doit toujours s’assurer que le demandeur dispose d’une capacité financière suffisante pour honorer ses échéances.

    Autre condition essentielle : le demandeur ne doit pas avoir déjà bénéficié d’un crédit d’honneur auprès d’un autre établissement bancaire et être encore en situation d’impayé.

    La banque est appelée à consulter les informations disponibles dans la Centrale des risques afin de vérifier si le demandeur a des engagements similaires auprès d’un autre établissement.

    Si un crédit d’honneur est déjà en cours et n’a pas été intégralement remboursé, l’octroi d’un nouveau crédit de même nature n’est pas possible.

    En revanche, une fois le précédent crédit entièrement remboursé, rien n’empêche, selon l’expert-comptable, le demandeur de solliciter à nouveau un crédit d’honneur, sous réserve naturellement de satisfaire aux conditions fixées par la banque.

    Le montant global consacré à ces crédits constitue toutefois une contrainte importante.

    Les banques doivent consacrer à ce mécanisme une partie de leurs bénéfices, à hauteur de 8% du résultat de l’exercice concerné, selon les explications de Sofiene Weriemi. La capacité de financement varie donc d’une banque à l’autre en fonction de son résultat.

    L’expert-comptable a ainsi souligné que toutes les banques ne disposeraient pas nécessairement de la même enveloppe. Une banque ayant enregistré une perte au titre de l’exercice 2025 ne pourrait, selon son interprétation du dispositif, pas bénéficier de cette enveloppe calculée sur les bénéfices.

    Les clients peuvent d’ailleurs vérifier les résultats financiers de leur banque à partir des informations publiques disponibles sur le site du Conseil du marché financier (CMF).

    Sofiene Weriemi a également attiré l’attention sur l’écart entre les montants annoncés et le nombre potentiel de bénéficiaires.

    À titre d’exemple, si une grande banque tunisienne réalise environ 350 millions de dinars de bénéfices, 8% représenteraient un peu moins de 30 millions de dinars destinés à ce mécanisme.

    Si l’on retient une moyenne d’environ 10 000 dinars par crédit, une telle enveloppe permettrait de financer environ 3 000 dossiers. Ce nombre doit ensuite être réparti entre les différentes agences de la banque.

    Pour l’expert-comptable, cette équation montre que le nombre de bénéficiaires pourrait rapidement devenir limité, notamment si la demande est forte.

    Pour ce qui est de la procédure de dépôt des demandes,  Sofiene Weriemi a expliqué que chaque banque devrait notamment mettre en place une plateforme dédiée permettant aux citoyens de déposer leurs demandes de crédit d’honneur.

    La réponse à la demande devrait intervenir dans un délai de dix jours à compter du dépôt du dossier, selon l’expert-comptable. 

    La question du défaut de paiement, particulièrement importante pour les futurs bénéficiaires, a également été abordée. 

    Le crédit d’honneur n’échappe pas aux mécanismes de suivi et de classification des créances du système bancaire. Un bénéficiaire qui ne respecte pas ses échéances peut donc voir son crédit faire l’objet d’un classement en créance en souffrance, avec les conséquences que cela implique.

    Sofiene Weriemi a notamment expliqué qu’après plusieurs mois d’impayés, le client pourrait être considéré comme un emprunteur présentant un risque accru et être classé dans une catégorie correspondant aux procédures de recouvrement.

    N.J

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