Le journaliste Mohamed Yousfi, rédacteur en chef du journal Alqatiba, été interpellé, vendredi 4 septembre 2026, à l’entrée des locaux d’Express FM, alors qu’il devait participer, en tant qu’invité, à l’émission animée ce soir par Walid Ben Rhouma. L’information a été confirmée par ce dernier.
Selon une publication de Walid Mejri, directeur de la rédaction d’Alqatiba, les faits se sont produits vers 18 heures. Mohamed Yousfi aurait été interpellé par une unité relevant de la Brigade nationale de recherche dans les infractions financières complexes d’El Gorjani.
Selon Walid Mejri les agents auraient saisi le téléphone de Mohamed Yousfi avant de l’emmener à bord d’un véhicule sécuritaire, sans qu’il ait pu consulter de convocation officielle. Des avocats se sont rendus à El Gorjani, avant d’apprendre que le journaliste ne s’y trouvait pas et aurait été transféré à l’Aouina, où ils se sont ensuite rendus.
Aucune information officielle n’a, à ce stade, été communiquée sur le motif de son interpellation.
S.H













4 commentaires
Fares
Une droiture qui penche dangereusement à gauche
Ah bon, on l’arrêté pour blanchiment d’argent ou évasion fiscale lui aussi? Je me demande quel est le salaire d’un journaliste en Tunisie pour justifier un tel acharnement, mais tout le monde sait que cette arrestation n’est qu’un règlement de compte pour satisfaire un individu un peu trop susceptible.
Ce régime n’a plus le droit de se placer comme garant de l’honnêteté et de la droiture. Faites fonctionner votre imagination et trouvez d’autres chefs d’accusation plus crédibles. On ne peut pas prétendre la droiture lorsqu’on bouffe une bonne partie du budget pour protéger le roi. On ne peut pas prétendre la droiture lorsque les membres d’une instance déchue depuis le mois de Mai continuent à être payer (pour acheter leur silence? I know what you did in Halloween 2024). On ne peut pas prétendre la droiture lorsque les fils à papa s’offrent des voitures de luxe importées en devise. Un peu de cohérence svp, ça commence à se voir.
D’une façon générale, ce qui est pire qu’une dictature 👑 est une dictature stupide🤪 . En attendant les tunisiens ont soif et tatonnent dans le noir.
Hannibal
Il aurait un jour trouvé une pièce de 1 dinar sur un trottoir sous vidéosurveillance et devant une boulangerie. Il l’aurait ramassée sans la déclarer au fisc et se serait acheté 5 baguettes avec. Il serait donc accusé de fraude fiscale et de blanchiment d’argent.
Nous disposons de services de police et de justice efficaces dans la recherche de poux (et quand il n’y en a pas, il suffit d’en implanter) et dans l’occupation de la bande passante pour remplacer le vide sidéral qui caractérise la gouvernance actuelle.
Fares
Al Katiba le seul podcast qui a continué à sensibiliser les tunisiens. Un podcast de qualité et El Yousfi était toujours très professionnel. Honte à ces 🤡🤡🤡 ce mec mettrait tous les citoyens en prison. Ce n’est pas normal et c’est ASSEZ. A sa place et vu ses échecs je me ferai tout petit. Le jour viendra où la Tunisie sera libérée. Quelle petitesse et quelle bacesse 😠😠😠😠😠😠😠😠
HatemC
Maintenant je me demande qui decide de ces interpellations ?
Pour comprendre la chaîne de décision derrière les arrestations de journalistes, d’avocats et de figures politiques en Tunisie, il faut observer comment fonctionne l’appareil d’État depuis la réorganisation des institutions entamée en 2021.
Officiellement, les arrestations sont exécutées par les forces de police sur instruction du parquet. En réalité, cette vague d’interpellations repose sur des mécanismes juridiques, politiques et administratifs bien précis.
Au sommet, Kaïs Saïed fixe la ligne directrice politique. Bien qu’il n’ordonne pas publiquement chaque arrestation dans le détail, ses discours donnent des orientations claires à l’appareil sécuritaire et judiciaire
– Diabolisation de l’opposition et des critiques : Les voix dissidentes sont fréquemment qualifiées de « traîtres », « comploteurs » ou « spéculateurs ».
– Injonctions à la justice : Le président a publiquement et à plusieurs reprises appelé les juges à faire preuve de « rigueur » et à ne pas libérer ceux qu’il considère comme coupables, créant une pression directe sur l’appareil judiciaire.
Derrière la quasi-totalité des arrestations de journalistes et de commentateurs politiques se trouve un instrument légal clé : le Décret-loi n° 2022-54 sur la cybercriminalité.
En somme, il n’y a pas d’« homme de l’ombre » secret : c’est l’architecture même du pouvoir actuel — caractérisée par une justice fragilisée, un outil législatif répressif (décret 54) et une ligne politique d’intolérance face à la critique — qui produit mécaniquement ces vagues d’arrestations.
En somme peut etre que cette justice bannanière va me demander des comptes si je franchis les frontères de la Tunisie ….