Le président de la République, Kaïs Saïed, a accordé une grâce à plusieurs élèves et étudiants incarcérés pour détention et consommation de stupéfiants, sans implication dans des affaires de trafic de drogue. Une mesure prise à l’occasion de la rentrée scolaire et universitaire afin de permettre à ces jeunes de reprendre leur parcours d’études.
L’information a été rapportée, vendredi 11 septembre 2026, par la Radio tunisienne ainsi que d’autres médias, citant une source informée. Aucun chiffre sur le nombre de bénéficiaires de cette grâce n’a été communiqué.
Selon la même source, la mesure concerne des élèves et étudiants détenus qui ont été impliqués dans des affaires de détention et de consommation de stupéfiants, mais pas dans des infractions liées au trafic.
La décision vise à leur accorder « une nouvelle chance de se rattraper et de reprendre leur parcours scolaire », à l’occasion de la rentrée scolaire et universitaire.
Une grâce placée sous le signe de la « seconde chance »
La mesure établit ainsi une distinction entre les consommateurs de stupéfiants et les personnes impliquées dans leur trafic. Elle doit permettre aux élèves et étudiants concernés de reprendre leur parcours scolaire ou universitaire.
Cette décision intervient au lendemain d’une réunion au palais de Carthage consacrée précisément à la rentrée scolaire et universitaire et aux conditions dans lesquelles celle-ci doit se dérouler.
Le président de la République avait présidé, jeudi 10 septembre 2026, cette réunion en présence du ministre de l’Intérieur, Khaled Nouri, du ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar, du ministre de l’Éducation, Noureddine Nouri, du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Mondher Belaid, et du ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoued.
De la réforme de l’enseignement aux difficultés du quotidien
Lors de cette réunion, Kaïs Saïed avait indiqué que le processus de réforme de l’éducation et de l’enseignement avait été engagé et qu’il prendrait le temps nécessaire. Il avait toutefois insisté sur l’absence de droit à l’erreur, estimant qu’un choix inadéquat dans ce domaine ne pourrait être corrigé qu’après près de deux décennies.
Dans l’attente de cette réforme, qui doit, selon lui, permettre la mise en place d’un enseignement national accessible à tous sur un pied d’égalité, le chef de l’État avait appelé à assurer une bonne préparation de l’année scolaire et universitaire et à remédier aux insuffisances constatées. Il avait notamment évoqué les espaces d’enseignement et leur environnement, mais aussi le transport, la santé et la sécurité des élèves, aux abords des établissements comme sur leurs trajets.
Kaïs Saïed avait également insisté sur la nécessité d’accompagner les élèves confrontés à des difficultés de déplacement, certains finissant par abandonner leur scolarité en raison de l’éloignement ou par crainte des dangers liés aux trajets. Il avait, dans le même cadre, plaidé pour la mise à disposition gratuite des fournitures scolaires et de l’alimentation.
Le chef de l’État avait enfin défendu la perspective d’un enseignement national et démocratique, fondé sur l’égalité et l’absence de discrimination, et permettant de lutter contre les différentes formes d’analphabétisme et d’aliénation.
La grâce annoncée vendredi intervient dans le contexte de la rentrée scolaire et universitaire. La veille, Kaïs Saïed avait évoqué les obstacles matériels et sociaux susceptibles d’éloigner certains jeunes de l’enseignement. La nouvelle mesure concerne également des élèves et étudiants détenus, qui pourront, selon les cas, reprendre leur parcours scolaire ou universitaire.
I.N.










