Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Du lynchage numérique au tribunal : le SNJT documente le ciblage des journalistes

Article réservé aux abonnés

Par Myriam Ben Zineb

    Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a alerté, mercredi 16 septembre 2026, sur la multiplication des campagnes d’« incitation, de diffamation et de dénigrement » visant des journalistes. Plus de vingt campagnes de ce type auraient été recensées depuis le début de l’année.

    Dans un communiqué, le syndicat a estimé que certains de ces épisodes dépassaient le cadre de la critique du travail journalistique. D’après son suivi et sa documentation, plusieurs campagnes présenteraient un caractère organisé et pourraient précéder des poursuites, des arrestations ou des procès, en installant au préalable un climat de stigmatisation et de pression autour des journalistes concernés.

    Le SNJT a évoqué notamment des atteintes à la vie privée et à la réputation, des mises en cause de la crédibilité et du professionnalisme des journalistes, ainsi que la diffusion d’allégations ou d’informations trompeuses. Il a également fait état de discours haineux et d’incitations directes susceptibles, d’après lui, d’exposer les journalistes et leurs familles à des risques.

    Des plaintes annoncées pour la semaine prochaine

    Le syndicat a assuré avoir procédé, dans la majorité des cas recensés, à des constats juridiques et à la conservation des contenus, des sources de publication et des autres éléments liés à ces campagnes. Plusieurs dossiers seraient actuellement en cours de finalisation.

    Le SNJT a indiqué qu’il s’attendait à ce que le ministère public se saisisse d’office de certains faits compte tenu de la nature des contenus recensés. Il a toutefois annoncé son intention de déposer, au cours de la semaine prochaine, des plaintes contre plusieurs personnes et pages dont la responsabilité ou l’implication aurait été documentée.

    En parallèle de cette démarche judiciaire, le syndicat a annoncé travailler à l’élaboration d’une liste documentée des personnes administrant les pages concernées ainsi que de celles participant aux campagnes recensées. Cette liste sera établie, précise-t-il, à partir des constats réalisés, des contenus archivés et des informations disponibles.

    « Protéger les journalistes ne signifie pas les placer au-dessus de la critique »

    Le SNJT a par ailleurs insisté sur la distinction entre critique et incitation. Il a réaffirmé son attachement à la liberté d’expression et au droit de chacun de critiquer la presse et le travail des journalistes.

    Il a toutefois considéré que ce droit ne pouvait justifier les atteintes à la vie privée, à la réputation ou les appels visant directement des personnes. Lorsque le discours bascule, d’après le syndicat, vers la diffamation, l’incitation ou la diffusion d’allégations portant atteinte à des droits protégés par la loi, une responsabilité juridique peut être engagée.

    Le SNJT a enfin rappelé que le travail des journalistes pouvait être contesté par la critique professionnelle, le droit de réponse, la rectification ou les voies judiciaires. « Protéger les journalistes de l’incitation ne signifie pas les placer au-dessus de la critique », a-t-il souligné, estimant que l’indépendance de la presse n’exonérait pas les journalistes de toute responsabilité, mais que celle-ci ne pouvait justifier leur mise en danger ou leur ciblage personnel.

    M.B.Z

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *