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« Le crime : journaliste » : des journalistes se mobilisent pour leurs confrères

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Par Sarra Hlaoui

    Une même photo, quatre journalistes derrière les barreaux et un même message : « Le crime : journaliste ». Depuis quelques heures, plusieurs journalistes tunisiens ont publié ou partagé cette image sur les réseaux sociaux, accompagnée de messages appelant à la défense de la liberté de la presse et de la liberté d’expression.

    La photo réunit Mourad Zeghidi, Borhen Bsaies, Zied El Heni et Mohamed Yousfi, tandis que les publications qui l’accompagnent mettent en avant le rôle de la presse et dénoncent les restrictions visant les journalistes.

    « La presse libre protège le droit à l’information »

    Pour Yosra Riahi, il ne peut y avoir de démocratie sans liberté de la presse et d’expression. Elle souligne que la presse libre protège le droit du citoyen à l’information et estime que la parole libre ne devrait pas être criminalisée.

    Khawla Chabbeh insiste, de son côté, sur le rapport entre liberté de la presse et solidité de l’État. Selon elle, « un État fort ne craint pas la parole libre » et la presse ne constitue pas une menace pour le pouvoir, mais participe à protéger la société contre ses dérives.

    La presse, « pilier d’une nation libre »

    Dans une publication, le journaliste Slim Boukhdhir dénonce l’autoritarisme et présente la presse libre comme « le pilier d’une nation libre ».

    Wissem Hamdi revient, lui aussi, sur le rôle du journaliste face au pouvoir. « La presse, c’est dire aux dirigeants ce que veut le peuple, et non dire au peuple ce que veulent les dirigeants », écrit-il, dans un message qui met l’accent sur la mission de contre-pouvoir attribuée au journalisme.

    « Le journaliste n’est pas un criminel »

    Jihene Elouati dénonce, pour sa part, une presse qui renoncerait à son rôle critique pour devenir un outil de communication au service des responsables politiques. Elle estime que lorsque l’information se transforme en « maquillage » destiné à embellir l’image des dirigeants, le journalisme perd sa fonction et contribue à l’affaiblissement de l’esprit critique.

    Dans le même mouvement, Jihene Eddayaa affirme que « la presse n’est pas une accusation » et qu’un journaliste ne devrait pas être considéré comme un criminel pour avoir exercé son métier et transmis l’information. Elle exprime sa solidarité avec les journalistes confrontés à des restrictions et réaffirme son soutien à la liberté de la presse.

    Synda Tajine résume, elle, son message en une formule : « Le journaliste n’est pas l’information qu’il faut cacher. » Une manière de dire qu’emprisonner le journaliste ne fait pas disparaître l’information

    À travers des formulations différentes, ces publications convergent ainsi autour d’un même message : défendre le droit des journalistes à exercer leur métier et rappeler le rôle de la liberté de la presse dans la vie publique.

    Le journaliste Mohamed Yousfi avait été arrêté le 4 septembre 2026 à l’entrée d’Express FM, où il devait participer à une émission sur la politique de l’eau. Placé en garde à vue, son téléphone avait été saisi et l’enquête portait notamment sur des publications Facebook, son travail journalistique et la ligne éditoriale d’Alqatiba.

    Victime d’un problème de santé durant sa garde à vue, il avait été transféré à l’hôpital et opéré en urgence. Son audition par le juge d’instruction avait été interrompue en raison de son état de santé. Malgré cela, un mandat de dépôt avait été émis à son encontre le 8 septembre. Après plusieurs jours d’hospitalisation, le journaliste avait été transféré à la prison civile de la Mornaguia.

    S.H

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