Le syndicat national des journalistes tunisiens à l’Agence Tunis Afrique Presse (Tap) a réagi, dimanche 20 septembre 2026, à ce qu’il qualifie de « menace », « intimidation » et tentative d’intervention dans le travail de la journaliste Chiraz Naili, correspondante de l’agence à l’Ariana.
Dans un communiqué, le syndicat indique suivre « avec une grande préoccupation » les faits survenus alors que la journaliste effectuait un reportage auprès de citoyens touchés par les pluies dans la région de Jaafar.
Le syndicat dénonce une tentative d’interrompre le reportage
Selon le communiqué, le gouverneur de l’Ariana serait entré dans le domicile d’une famille sinistrée alors que Chiraz Naili recueillait le témoignage d’une des personnes touchées par les intempéries.
Le syndicat affirme que le gouverneur aurait tenté d’interrompre la journaliste avant de lui reprocher de rechercher « le buzz », en lui déclarant : « Tu représentes une institution publique et tu fais du buzz ».
Il lui aurait ensuite lancé, sur un ton que le syndicat qualifie de menaçant et intimidant : « On en reparlera ! ».
Pour le syndicat, ces propos ne peuvent être considérés comme de simples remarques sur la manière de couvrir l’événement. Il y voit une tentative d’influencer la journaliste dans l’exercice de son métier et de l’empêcher de recueillir les témoignages des citoyens.
« Une institution publique ne donne pas le droit d’intervenir »
Le syndicat rappelle que le statut public de la Tap ne donne à aucun responsable le droit de diriger le travail de ses journalistes, de déterminer les sujets qu’ils couvrent ou d’intervenir dans les témoignages recueillis.
Il souligne que les journalistes de l’agence accomplissent une mission de service public et doivent, à ce titre, pouvoir rendre compte des faits de manière professionnelle et indépendante, y compris lorsqu’il s’agit de situations susceptibles de mettre en cause l’action d’un responsable public.
Le syndicat insiste également sur le droit des journalistes à accéder à l’information et à recueillir les témoignages des citoyens sans autorisation préalable des responsables locaux ou politiques.
Le syndicat demande la protection de la journaliste
Le syndicat condamne ainsi « fermement » ce que Chiraz Naili aurait subi et lui exprime sa « solidarité totale et inconditionnelle ».
Il demande au gouverneur de l’Ariana de cesser toute forme d’intervention dans le travail de la journaliste et, plus largement, dans celui des journalistes de la Tap, ainsi que toute pression directe ou indirecte liée au contenu de leurs reportages.
Il appelle également les autorités régionales à respecter l’indépendance des journalistes et leur droit à travailler sur le terrain sans intimidation ni tentative d’orientation.
Le syndicat interpelle, par ailleurs, la direction de la Tap, l’appelant à assumer sa responsabilité dans la protection de ses journalistes et à prendre les mesures nécessaires afin qu’ils ne soient pas exposés à des pressions, du harcèlement ou des interventions dans l’exercice de leur métier.
Il appelle enfin les organisations professionnelles et de défense des droits à suivre cette affaire, estimant qu’elle concerne la liberté du travail journalistique et le droit des citoyens à l’information.
S.H











