Un faux colis, un faux livreur et une voiture banalisée remplie d’agents en civil. C’est le scénario rapporté, lundi 21 septembre 2026, par le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), après l’interpellation de plusieurs membres de l’équipe du site Nawaat.
Selon le communiqué du SNJT, l’équipe journalistique a été contactée par un individu se présentant comme un employé d’une société de livraison. Celui-ci leur aurait indiqué qu’un colis les concernant était disponible, avec un paiement à effectuer à sa réception. Il aurait surtout insisté sur la nécessité pour les journalistes de se déplacer eux-mêmes afin de récupérer le prétendu colis.
Le rendez-vous avait visiblement été préparé. Une fois arrivés à l’endroit indiqué, les journalistes auraient découvert une voiture à bord de laquelle se trouvait un groupe d’agents de sécurité en civil. Les agents leur auraient demandé de monter dans le véhicule, en leur intimant de le faire « sans faire de bruit ».
Les journalistes ont ensuite été conduits à la brigade centrale de l’Aouina.
« Des insultes et des propos humiliants »
D’après les témoignages recueillis par le SNJT, l’interpellation aurait été accompagnée d’insultes, de propos grossiers et de blasphèmes proférés par certains agents, ainsi que d’un traitement jugé humiliant par les journalistes.
Une fois à l’Aouina, les violences verbales se seraient poursuivies, avant que les membres de l’équipe ne soient entendus dans le cadre des investigations concernant les participants à la manifestation organisée samedi 19 septembre en soutien aux militants de la Flottille Soumoud.
Mais l’audition ne se serait pas limitée à cette manifestation.
Le travail du site Nawaat aurait également été abordé au cours de l’interrogatoire. Selon le SNJT, aucun procès-verbal n’aurait toutefois été établi à ce sujet, malgré la demande formulée par les journalistes.
Les agents auraient, par ailleurs, tenté d’accéder aux téléphones des journalistes. Ces derniers auraient refusé et demandé que leur soient présentées les autorisations judiciaires nécessaires, ainsi que des explications sur le fondement légal de cette démarche.
Le SNJT dénonce une « violation flagrante » des garanties légales
Pour le syndicat, l’affaire dépasse largement le cadre d’une simple audition.
Le SNJT dénonce le fait que des journalistes aient été attirés sur place au moyen d’une fausse identité professionnelle, avant d’être conduits dans un lieu de sécurité sans avoir été préalablement informés de la procédure les concernant.
La centrale syndicale considère qu’il s’agit d’une « violation flagrante de la loi » et d’une pratique suffisamment grave pour justifier l’ouverture urgente d’une enquête judiciaire afin d’établir les responsabilités.
Le SNJT rappelle également que les actes de la police judiciaire sont encadrés par la loi et soumis au contrôle de l’autorité judiciaire, notamment en ce qui concerne les convocations et les auditions. Il insiste particulièrement sur les garanties entourant l’accès aux téléphones portables et aux données numériques.
Un point loin d’être anodin pour des journalistes, les téléphones peuvent contenir des échanges avec des sources, des documents de travail et des informations professionnelles confidentielles. Pour le syndicat, tout accès à ces données en dehors des procédures légales constitue donc une menace directe pour le secret des sources.
Le syndicat demande deux enquêtes
Le SNJT demande ainsi au parquet d’ouvrir une enquête urgente sur les circonstances de l’interpellation et sur les faits rapportés par les journalistes.
Il réclame également au ministère de l’Intérieur l’ouverture d’une enquête administrative sur les agissements attribués à ses agents et la clarification des circonstances dans lesquelles l’équipe de Nawaat a été conduite à l’Aouina.
Le syndicat affirme, en outre, avoir reçu des témoignages selon lesquels les journalistes auraient été invités à garder le silence sur les dépassements dont ils auraient fait l’objet, avec, selon leurs déclarations, des menaces de nouvelles mesures s’ils venaient à raconter les circonstances de leur interpellation.
Le SNJT assure enfin son « entière solidarité » avec les journalistes de Nawaat et annonce mettre ses moyens juridiques et syndicaux à leur disposition.
Une affaire qui soulève des questions particulièrement lourdes sur les méthodes utilisées pour convoquer des journalistes, sur les conditions de leur audition et surtout sur les tentatives d’accès à leurs données numériques.
R.B.H











3 commentaires
Hannibal
Des méthodes de v.y… !
Cela démontre une nervosité telle que celle d’une lutte de territoires…
C’est triste et pathétique.
Citoyen_H
JE PENSAIS QUE LA VEULERIE, LA FOURBERIE ET L’USURPATION D’IDENTITÉ,
étaient le violon d’Ingres des agents du Mossad !
Cesse de te berner et sois un peu plus respectueux vis-à-vis des lecteurs de BN, guignol.
Gg
Une véritable opération commando!
Tout cela est tellement gros, dites la vérité, BN.
Combien de terroristes ont été arrêtés?
Tout le monde sait, aujourd’hui, que la carte de presse est un véritable laisser-passer pour les membres et sympathisants du hamas et du hezbollah.
Tous les mensonges sont permis pour les aider, n’est ce pas?
D’où ma question.