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Intersection alerte sur les circonstances du décès d’un détenu à la prison de la Mornaguia

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Par Myriam Ben Zineb

    L’association Intersection for Rights and Freedoms a fait état du décès, le 26 août 2026, de Mohamed Ali Ben Khemis, âgé de 31 ans, à la prison civile de Mornaguia. S’appuyant principalement sur le témoignage de sa famille, l’organisation a appelé à faire la lumière sur les circonstances de ce décès, dont la cause n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante.

    Dans un communiqué consacré à cette affaire, publié lundi 28 septembre 2026, l’association a indiqué que le jeune homme souffrait, depuis 2018, de troubles psychiques sévères et qu’il était suivi à l’hôpital Razi, où il avait été hospitalisé à plusieurs reprises.

    Mohamed Ali Ben Khemis avait été arrêté le 26 juillet 2026 après une descente à son domicile, puis incarcéré à la prison civile de Mornaguia le 14 août. D’après le récit de sa famille rapporté par Intersection, ses proches avaient informé les autorités de son état de santé et leur avaient remis ses médicaments ainsi que sa carte de handicap.

    La famille affirme toutefois qu’il n’aurait pas bénéficié de son traitement de manière adéquate pendant sa détention. Lors d’une visite en prison, elle dit l’avoir trouvé dans un état physique et psychique dégradé, réclamant ses médicaments, avant qu’il ne perde connaissance.

    Le 26 août, ses proches se sont de nouveau rendus à la prison pour lui rendre visite. Ils auraient alors été informés de son transfert à l’hôpital Charles-Nicolle dans un état critique. La famille affirme ne pas l’avoir trouvé à l’hôpital avant d’apprendre, par la suite, son décès auprès de l’administration pénitentiaire.

    Intersection rapporte également que les proches disent avoir constaté sur le corps des traces qu’ils soupçonnent d’être liées à des violences. À ce stade, aucun élément présenté dans le communiqué ne permet toutefois d’établir l’origine de ces traces ni de confirmer l’existence de violences.

    La famille affirme par ailleurs avoir mandaté un huissier de justice, le jour de l’inhumation, afin de procéder à un constat du corps. Toujours d’après le communiqué, celui-ci aurait effectué le constat mais n’aurait pas remis le procès-verbal à la famille et à son avocat.

    Les proches auraient été informés que le décès était dû à un « coup de chaleur ». Intersection précise cependant que la famille n’avait toujours pas obtenu le rapport médico-légal à la date de la publication de son document. La cause exacte du décès ne peut donc, sur la base des seuls éléments rendus publics par l’association, être considérée comme établie.

    Intersection for Rights and Freedoms appelle à une enquête « rapide, efficace, indépendante, impartiale et exhaustive » afin d’établir les circonstances du décès. L’association estime que les investigations devraient notamment porter sur les conditions de détention du jeune homme, son accès aux médicaments et aux soins, les circonstances de son transfert à l’hôpital ainsi que la cause de sa mort et l’origine des traces signalées par sa famille.

    À ce stade, le communiqué repose essentiellement sur le témoignage des proches de Mohamed Ali Ben Khemis et ne fait état d’aucune version des autorités pénitentiaires ou judiciaires sur les circonstances du décès.

    M.B.Z

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