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Ahmed Néjib Chebbi entame une grève de la faim contre les restrictions d’accès à l’information en prison

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Par Imen Nouira

    L’opposant et détenu politique Ahmed Néjib Chebbi a entamé, jeudi 1er octobre 2026, une grève de la faim ouverte pour protester contre les restrictions imposées aux prisonniers en matière d’accès à l’information et aux médias.

    Dans un communiqué publié jeudi, sa famille affirme que les détenus sont privés d’un accès à des sources d’information diversifiées et que les médias mis à leur disposition se limitent à des journaux et des chaînes relayant, selon ses termes, « la propagande du pouvoir ». Elle dénonce une politique visant à isoler les prisonniers du monde extérieur et réclame leur accès à des médias indépendants.

    C’est pour protester contre ces restrictions qu’Ahmed Néjib Chebbi a décidé de recourir à la grève de la faim depuis sa cellule. Sa famille rapporte cette déclaration de l’opposant au moment de prendre sa décision : « Je préfère mourir dans la dignité plutôt que vivre sans elle ».

    Une grève de la faim à plus de 80 ans

    Le recours à une grève de la faim prend une dimension particulière au regard de l’âge et de l’état de santé d’Ahmed Néjib Chebbi, qui ont déjà suscité plusieurs alertes depuis son incarcération.

    Fin juillet, l’opposant avait été victime d’un malaise à la prison de la Mornaguia. Il avait souffert d’une importante gêne respiratoire et d’un état d’épuisement alors qu’il se trouvait dans la cour de promenade. Les examens effectués par le personnel paramédical et médical de la prison avaient alors mis en évidence une accélération du rythme cardiaque. Face aux fortes chaleurs et par crainte de nouvelles complications, il avait décidé de renoncer temporairement aux sorties dans la cour.

    Quelques semaines plus tard, en août, l’avocate Dalila Ben Mbarek Msaddek avait de nouveau alerté sur la dégradation de son état de santé. Elle avait notamment rapporté des propos qu’Ahmed Néjib Chebbi aurait tenus à ses avocats au moment de son incarcération : « Je peux tenir un an, peut-être deux. Au-delà, je ne peux rien vous promettre. »

    La décision d’Ahmed Néjib Chebbi intervient, par ailleurs, dans un contexte marqué par le recours à la grève de la faim de plusieurs détenus au cours des dernières semaines. Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre (PDL), détenue depuis octobre 2023, a entamé la sienne le 23 septembre pour protester, selon son avocat, contre ce qu’il qualifie de « graves violations procédurales » dans son dossier.

    Les militants Ghassen Henchiri et Ghassen Boughdiri poursuivaient également, mardi 29 septembre, leur vingtième jour de grève de la faim. Selon la Coordination du travail commun pour la Palestine, ils réclament leur libération, celle de leurs compagnons ainsi que l’abandon des charges retenues contre eux.

    D’autres mouvements viennent de prendre fin. Wael Naouar a suspendu, le 23 septembre, une grève de la faim entamée 38 jours plus tôt, après une importante dégradation de son état de santé ayant nécessité son transfert à l’hôpital.

    Ayachi Hammami a, deux jours plus tard, mis fin à la grève de solidarité qu’il observait en soutien à Wael Naouar. Nabil Chennoufi avait également dû suspendre son mouvement après un malaise, sur fond de maladie rénale chronique.

    Les revendications et les situations judiciaires diffèrent d’un cas à l’autre. Leur succession témoigne néanmoins d’un recours répété, ces dernières semaines, à la grève de la faim comme moyen de protestation en détention.

    En prison depuis décembre 2025

    Figure historique de l’opposition tunisienne et président du Front de salut national, Ahmed Néjib Chebbi a été arrêté à son domicile le 4 décembre 2025 pour exécuter une peine de douze ans de prison prononcée définitivement dans l’affaire dite de « complot contre la sûreté de l’État ».

    Âgé de plus de 80 ans, il compte près de six décennies d’engagement politique et avait déjà connu la prison pour ses activités politiques sous Habib Bourguiba. Depuis sa nouvelle incarcération, sa famille, ses avocats et des organisations de défense des droits humains ont régulièrement dénoncé ses conditions de détention.

    En mars 2026, à l’occasion de son centième jour de détention, l’ONG Intersection pour les droits et les libertés avait notamment appelé à sa libération immédiate et dénoncé de « graves violations des garanties d’un procès équitable » dans l’affaire ayant conduit à sa condamnation.

    Avec cette grève de la faim ouverte, Ahmed Néjib Chebbi porte cette fois une revendication précise : l’accès des détenus à des sources d’information et à des médias indépendants. Une décision qui intervient à plus de 80 ans, alors que son entourage a déjà alerté à plusieurs reprises sur la dégradation de son état de santé.

    I.N.

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    Commentaire

    1. DE CHEBBI EN PASSANT PAR GHANNOUCHI COMME DE SEDDRINE A MOUSSI...

      Répondre
      1 octobre 2026 | 18h02

      LIBERTE DIGNITE DE TRAITEMENT ET SOLIDARITE AUX CENTAINES DE DETENU.E.S POLITIQUES COMME D OPINIONS SANS E.KS.CEPTIONS NI KONTORSIONS NI QÔMPROMISSIONS !

    Répondre

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