Entrée en vigueur le 1er octobre, l’interdiction faite aux élèves de quitter leurs établissements scolaires pendant les heures creuses et en cas d’absence des enseignants connaît encore des difficultés d’application. Invité de la Radio nationale, vendredi 2 octobre 2026, Adel Dekhil, directeur général du Centre national de formation et de développement des compétences à Carthage, a détaillé les modalités de cette mesure, les moyens mobilisés et les dispositifs prévus pour renforcer la protection des élèves.
Adel Dekhil a précisé que la nouvelle mesure concernait l’ensemble des établissements scolaires, publics et privés, du primaire au secondaire. Dès leur entrée dans l’établissement, les élèves doivent y rester pendant toute la journée scolaire, y compris pendant les heures creuses et en cas d’absence imprévue d’un enseignant.
Les portes doivent être fermées et les accès surveillés. Des dérogations restent toutefois possibles dans certaines situations exceptionnelles, sous la responsabilité du directeur de l’établissement, en coordination avec les parents et moyennant une autorisation.
Une application encore progressive
Interrogé sur les difficultés d’application de cette décision, notamment après la diffusion d’une vidéo montrant des élèves à l’extérieur d’un lycée de Mnihla, Adel Dekhil a reconnu que sa mise en œuvre était encore progressive.
Il a indiqué que le ministre de l’Éducation avait chargé les responsables du département d’effectuer des visites dans les établissements scolaires afin de vérifier le respect des nouvelles dispositions. En cas de manquement, ils devront examiner avec les directeurs les difficultés rencontrées et rechercher les solutions nécessaires.
Le responsable a néanmoins assuré que plusieurs établissements avaient déjà commencé à appliquer les nouvelles mesures, en aménageant notamment des espaces d’accueil et en organisant des activités pendant les récréations.
Il a insisté sur le caractère obligatoire de cette décision, tout en soulignant que son application devait tenir compte des moyens disponibles dans chaque établissement.
Que feront les élèves pendant les heures creuses ?
L’interdiction de sortie s’accompagne d’une réorganisation des heures creuses, qui doivent désormais être consacrées à des activités encadrées.
Les élèves pourront être orientés vers les salles de révision, les bibliothèques, les installations sportives, les salles polyvalentes ou encore les espaces verts disponibles.
Des activités culturelles, artistiques, sportives et environnementales devront également être organisées, en fonction des infrastructures et des ressources humaines de chaque établissement.
Adel Dekhil a précisé que les directeurs devront élaborer des programmes adaptés, en coordination avec les autorités locales et les différents ministères concernés. Des cadres relevant notamment du ministère de la Jeunesse et des Sports, ainsi que des intervenants des secteurs de la Famille, de la Culture et de la Santé, seront associés à l’encadrement des élèves.
Le responsable a indiqué que cette démarche concernait les 6.178 établissements scolaires et nécessitait une mobilisation dépassant les seuls moyens du ministère de l’Éducation.
Un numéro vert en préparation et une plateforme d’écoute psychologique
Le ministère travaille également à la mise en place d’un numéro vert destiné notamment aux parents, a annoncé Adel Dekhil.
Il a par ailleurs évoqué une plateforme d’écoute à distance, développée en collaboration avec les ministères de la Santé et des Affaires sociales, afin d’offrir un accompagnement psychologique aux élèves.
Ce dispositif doit permettre aux adolescents de signaler, dans un cadre confidentiel, les difficultés personnelles auxquelles ils sont confrontés, notamment les situations de harcèlement et les pressions extérieures. Ils pourront ainsi être orientés vers des psychologues pour bénéficier d’un accompagnement adapté.
Adel Dekhil a précisé que onze ministères participaient au projet global de protection des élèves, dont ceux de la Santé, du Transport, des Affaires religieuses, de l’Environnement et des Affaires sociales.
Dix minutes de sensibilisation obligatoires pendant les cours
Autre disposition annoncée : une circulaire prévoit de consacrer obligatoirement dix minutes pendant les cours à la sensibilisation des élèves aux phénomènes à risque.
Cette sensibilisation devra notamment porter sur les dangers de l’espace numérique, le harcèlement, les drogues et la cybersécurité.
Le responsable a expliqué que cette démarche devait mobiliser les enseignants des différentes disciplines et permettre d’intégrer la prévention dans le quotidien scolaire.
Il a toutefois reconnu que l’ensemble de ces mesures ne pourrait pas être déployé simultanément et que leur mise en œuvre nécessiterait une progression par étapes.
Pour Adel Dekhil, l’objectif dépasse la simple interdiction de sortie. Il s’agit de développer la vie scolaire et de faire des établissements des espaces capables d’accueillir et d’encadrer les élèves tout au long de la journée, tout en les protégeant des risques présents dans leur environnement.
Il a enfin appelé les parents, la société civile et les différents départements ministériels à contribuer à la réussite de ce projet, présenté comme une démarche nationale nécessitant la mobilisation de tous les acteurs concernés.
M.B.Z











