À partir de ce jeudi 1er octobre 2026, les établissements scolaires doivent renforcer l’encadrement des élèves pendant les heures creuses et en cas d’absence d’un enseignant. Le principe : éviter que les élèves ne se retrouvent livrés à eux-mêmes à l’extérieur pendant le temps scolaire et leur permettre de rester au sein de leur établissement. La mesure s’inscrit dans un programme plus large destiné à lutter contre les comportements à risque et à renforcer la protection physique et psychologique des élèves.
Des élèves maintenus à l’intérieur plutôt que renvoyés dehors
Le ministre de l’Éducation, Nourredine Nouri, avait annoncé, le 26 septembre, l’entrée en application du dispositif à compter du mois d’octobre. Des notes de service ont été adressées aux établissements pour en organiser la mise en œuvre.
La mesure concerne notamment les heures creuses ainsi que les absences imprévues d’enseignants. Dans ce dernier cas, les élèves ne doivent plus être systématiquement renvoyés chez eux ou contraints d’attendre à l’extérieur, mais doivent pouvoir rester dans l’enceinte de l’établissement.
La consigne ne signifie toutefois pas que tout élève sera systématiquement empêché de rentrer chez lui entre deux cours. Lorsqu’une interruption suffisamment longue le permet, un élève peut, par exemple, rentrer déjeuner à son domicile. Le dispositif vise notamment les élèves qui habitent loin de leur établissement ou qui ne peuvent regagner leur domicile durant ces périodes.
L’objectif est ainsi d’éviter qu’ils ne passent plusieurs heures dans la rue ou aux abords des établissements, où ils peuvent être exposés à différents risques, notamment les agressions, le racket ou encore la consommation et la vente de stupéfiants.
La mise en œuvre doit également passer par un contrôle renforcé des accès aux établissements, avec des consignes portant sur l’ouverture et la fermeture des portes ainsi que sur leur surveillance.
Mais le ministère ne veut pas limiter ces périodes à une simple surveillance. Les établissements sont appelés à mobiliser les espaces dont ils disposent — salles d’étude et de révision, bibliothèques, salles de sport, salles polyvalentes ou encore espaces verts — pour proposer des activités éducatives, culturelles, sportives, artistiques, environnementales ou liées au numérique.
Le dispositif concerne l’ensemble des niveaux d’enseignement, du primaire au secondaire. Chaque établissement doit élaborer un programme adapté à ses besoins, à ses contraintes et aux espaces dont il dispose.
Cette organisation s’inscrit dans un programme interministériel associant onze ministères. Il prévoit notamment la mobilisation d’intervenants issus des structures culturelles et de jeunesse afin d’occuper utilement les temps libres des élèves.
Dix minutes doivent également être consacrées, dans le cadre des matières liées à l’éducation sociale et des matières relevant des sciences humaines, à des actions de sensibilisation et de prévention, notamment en matière de sécurité numérique. Une plateforme d’écoute à distance doit, par ailleurs, être mise en place en coordination avec les ministères de la Santé et des Affaires sociales.
Reste la question des moyens sur le terrain
Le dispositif se heurte toutefois à une question très concrète : les établissements publics disposent-ils réellement des espaces et du personnel nécessaires pour accueillir et encadrer les élèves pendant toutes ces périodes ?
Intervenant lundi 28 septembre sur Express FM, le président de la commission de l’Éducation, de la Formation professionnelle, de la Recherche scientifique, de la Jeunesse et des Sports à l’Assemblée des représentants du peuple, Abderrazak Aouidet, avait précisément soulevé cette difficulté. Tout en jugeant la mesure importante sur le plan éducatif, il avait estimé que son application nécessitait des moyens logistiques et humains suffisants.
Il avait notamment pointé le manque de salles, de surveillants et d’agents dans certains établissements publics. Dans les structures déjà soumises à une forte pression sur leurs capacités d’accueil, une même salle pouvant être utilisée successivement par plusieurs classes, maintenir les élèves à l’intérieur pendant leurs heures creuses suppose de disposer d’espaces adaptés.
M. Aouidet avait également souligné l’intérêt de mettre à disposition des espaces de lecture et de révision afin de transformer ces périodes en temps utile, tout en protégeant les élèves de certains risques auxquels ils peuvent être exposés à l’extérieur.
Le principe entre donc en application ce jeudi : faire de l’établissement un lieu d’accueil pendant les heures creuses plutôt que de laisser les élèves patienter à l’extérieur. Reste désormais l’épreuve du terrain : transformer cette consigne en véritable dispositif d’encadrement suppose que les espaces, le personnel et les activités suivent.
I.N.
*Photo d’illustration










