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Slaheddine Selmi : Quand les portes du dialogue se ferment, la mobilisation prend le relais 

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Par Nadya Jennene

    À l’ouverture du 7e congrès du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), samedi 10 octobre 2026, le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Slaheddine Selmi, a dressé un tableau particulièrement critique de la situation politique, économique et sociale du pays. Dénonçant la fermeture des espaces de dialogue, le mépris affiché, selon lui, par le pouvoir exécutif à l’égard des revendications syndicales et la dégradation des libertés, il a défendu la nécessité d’une mobilisation dépassant les seuls intérêts professionnels. Dans cette perspective, il a rappelé la marche populaire nationale, pacifique et à caractère social prévue le samedi 17 octobre, première étape d’une démarche collective appelée à se poursuivre.

    Le responsable syndical a souligné que la situation générale du pays s’imposait désormais à toutes les organisations, y compris lors de leurs rendez-vous consacrés, à l’origine, à des questions professionnelles. À ses yeux, il devient difficile, dans le contexte actuel, de dissocier la défense des revendications sectorielles des enjeux politiques, sociaux et démocratiques qui traversent la société tunisienne.

    Le dirigeant syndical a vivement critiqué l’attitude du pouvoir exécutif face aux revendications des travailleurs, estimant que les canaux de concertation ont été progressivement neutralisés. Selon lui, les différentes formes de mobilisation engagées par l’UGTT n’ont pas permis d’obtenir les réponses attendues. Au contraire, a-t-il affirmé, les portes du dialogue se sont refermées, tandis que les préavis de grève et les démarches syndicales seraient accueillis avec désinvolture, voire mépris.

    Le secrétaire général de l’UGTT a notamment évoqué les grèves récentes, présentées comme des moyens légaux et constitutionnels de défense des droits des travailleurs. Il a dénoncé les réactions de l’autorité exécutive à ces mouvements, alors même que, selon ses déclarations, des employeurs se seraient montrés disposés à négocier et à accorder aux salariés les augmentations auxquelles ils estimaient avoir droit. Il a également fait référence aux enveloppes prévues au titre des augmentations salariales pour les années 2025 et 2026, sans que les négociations puissent, d’après lui, aboutir dans les conditions attendues.

    Pour Slaheddine Selmi, cette situation révèle une contradiction majeure : alors que des possibilités de règlement négocié existent dans certains secteurs, l’intervention du pouvoir exécutif ne fait qu’empêcher la tenue des discussions et l’aboutissement des accords.

    Il a également cité le conflit dans le secteur des minoteries, dont il a rappelé la situation économique difficile. Selon lui, ce secteur avait déjà connu des suppressions d’emplois, tandis que d’autres entreprises ne disposent pas davantage de marges suffisantes pour réduire leurs effectifs. Il a évoqué une grève de trois jours, organisée du 31 août au 2 septembre, et déploré que le mouvement avait été maintenu malgré les appels au dialogue.

    Le responsable syndical a présenté cet épisode comme un exemple supplémentaire de l’impasse dans laquelle se trouvent aujourd’hui les relations sociales. Il a estimé que la responsabilité de cette situation incombait aux autorités exécutives, auxquelles il reproche de ne pas favoriser la recherche de compromis.

    Au-delà des conflits du travail, le secrétaire général de l’UGTT a insisté sur l’imbrication croissante des revendications professionnelles et des libertés publiques. La mobilisation annoncée pour le 17 octobre, a-t-il expliqué, ne saurait se limiter aux demandes des journalistes, des travailleurs des minoteries ou d’autres catégories professionnelles. Les revendications ont désormais, selon lui, une portée générale, dans la mesure où elles concernent l’ensemble des citoyens, les différentes composantes de la société et les institutions du pays.

    Slaheddine Selmi a particulièrement insisté sur la liberté de travail des journalistes, qu’il a présentée comme un droit constitutionnel et un acquis historique. Il a défendu le droit des professionnels des médias à exercer leur métier, à traiter les questions qui leur paraissent importantes, à enquêter sur les affaires publiques et à aborder des sujets sensibles, y compris lorsqu’ils concernent des personnalités ou des intérêts établis.

    À son sens, la défense de la liberté de la presse ne peut être dissociée de celle des autres droits fondamentaux. Il a ainsi appelé à défendre conjointement les libertés individuelles et collectives, la liberté d’expression, la liberté de la presse, la liberté d’organisation et le droit de manifester pacifiquement.

    Le responsable syndical a souligné que la défense d’un droit particulier ne pourrait aboutir durablement sans une protection plus large des libertés. Il a, dans cette logique, appelé les différentes composantes de la société à se mobiliser pour préserver les droits qu’il estime aujourd’hui fragilisés.

    Cette démarche, a-t-il rappelé, s’inscrit dans la continuité des principes de liberté, de dignité et de souveraineté nationale associés à l’histoire sociale et politique de la Tunisie. Il a estimé que la situation actuelle rendait nécessaire une ouverture de l’espace public, afin que la société puisse débattre librement de ses difficultés et des réponses à leur apporter.

    Sur le plan économique, Slaheddine Selmi a également exprimé de vives inquiétudes. S’adressant aux journalistes présents, il les a invités à examiner les indicateurs économiques et les difficultés auxquelles le pays est confronté. Reconnaissant ne pas être lui-même économiste, il a néanmoins insisté sur la nécessité de regarder au-delà des discours officiels et de confronter les annonces à la réalité des entreprises, des finances publiques et des services collectifs, notamment les difficultés des entreprises publiques, dont la situation financière pèse, selon lui, sur les équilibres budgétaires de l’État.

    Il a, dans le même temps, attiré l’attention sur la dégradation des secteurs sociaux, notamment l’éducation, la santé et le transport, ainsi que sur les difficultés touchant les services et les infrastructures publics. Il a dénoncé ce qu’il considère comme un recul des prestations collectives, estimant que les citoyens en supportent directement les conséquences.

    Pour Slaheddine Selmi, ces difficultés ne peuvent être dissociées des choix économiques opérés par les autorités. Il a notamment critiqué l’orientation de la politique gouvernementale, qu’il juge conforme à certaines exigences du Fonds monétaire international (FMI), alors que les enjeux de souveraineté économique et de justice sociale devraient, selon lui, occuper une place centrale.

    À l’appui de son argumentation, le responsable syndical a rappelé sa participation aux négociations engagées en 2020 autour de la souveraineté budgétaire, évoquant également le rôle de la Banque centrale dans le contexte économique de l’époque. Il a fait référence aux discussions conduites avec le FMI sur un programme de réformes structurelles, dont les grandes lignes avaient été rendues publiques en 2022.

    Slaheddine Selmi a ainsi replacé les orientations économiques actuelles dans une séquence plus longue de négociations entre les autorités tunisiennes, les institutions financières internationales et les partenaires sociaux. Il a reproché au pouvoir exécutif de privilégier des orientations qu’il associe aux prescriptions du FMI, sans accorder suffisamment de place, selon lui, aux conséquences sociales des réformes et aux revendications des organisations syndicales.

    Il a également dénoncé les difficultés rencontrées par les entreprises et les acteurs économiques, estimant que les mesures engagées ne permettaient pas de résoudre les problèmes structurels. Dans son intervention, il a évoqué un climat marqué par l’affaiblissement du dialogue, la fragilisation des institutions et l’absence de perspectives suffisamment claires pour les travailleurs.

    Le secrétaire général de l’UGTT a, dans ce contexte, regretté que les mécanismes de concertation ne permettent plus de traiter les différends sociaux en amont. Selon lui, les tensions ne se limitent plus aux revendications salariales ou aux conditions de travail : elles traduisent une crise plus large des relations entre les autorités, les organisations et les différentes composantes de la société.

    Au terme de son allocution, Slaheddine Selmi a réitéré les appels à participer massivement à la marche populaire nationale et pacifique prévue samedi 17 octobre 2026, notant que cette mobilisation n’est qu’une première étape, susceptible d’être suivie d’initiatives plus larges si la situation l’exige. 

    Il a insisté sur le caractère transversal des revendications portées par cette mobilisation, qui ne se cantonnent ni aux intérêts des journalistes ni à ceux d’un secteur professionnel particulier, mais concernent l’ensemble des citoyens.

    « Lorsque les portes du dialogue se ferment et que les tables de concertation sont démantelées, le dialogue se transporte dans la rue. Oui, nous porterons le débat dans l’espace public, car la rue est aussi un lieu de rencontre, où les citoyens peuvent exprimer leurs préoccupations et faire entendre leurs revendications. Elle devient alors une vaste tribune de dialogue, ouverte à toutes les composantes de la société, à toutes les organisations et à l’ensemble des forces vives du pays », a-t-il conclu. 

    Plusieurs organisations et composantes de la société civile ont annoncé, le 29 septembre 2026, l’organisation d’une marche populaire nationale à Tunis, prévue le 17 octobre.

    Parmi les organisations signataires de cet appel figurent l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), l’Ordre national des avocats de Tunisie (Onat), la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’Homme (LTDH), le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), l’Union générale des étudiants de Tunisie (UGET), l’Organisation tunisienne des jeunes médecins (Otjm), l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) et l’Union des diplômés chômeurs (UDC).

    Les modalités de cette mobilisation devraient être précisées ultérieurement. En parallèle, les préparatifs se poursuivent au sein de l’UGTT. Dans la matinée de samedi 10 octobre, le siège de la centrale syndicale a ainsi accueilli une réunion des fédérations générales et des syndicats sectoriels, présidée par le secrétaire général, Slaheddine Selmi, en présence de membres du bureau exécutif national. Cette rencontre était consacrée aux préparatifs de la marche nationale du 17 octobre.

    N.J

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    Commentaire

    1. Tunisino

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      10 octobre 2026 | 16h38

      L’Ugtt, le nit de communistes illettrés et médiocres, qui n’ont jamais œuvrer pour l’excellence de la Tunisie, mais pour tacler tout pouvoir en vu de prévaloir un communisme bête et mortel. L’Ugtt est à bannir par toute troisième république, qu’elle se transforme en un parti politique et pratique la politique des perdants publiquement.

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