La porte de la prison ne s’ouvre toujours pas pour Riad Ben Fadhl. La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le Tribunal de première instance de Tunis a rejeté, lundi 12 octobre 2026, les demandes de remise en liberté du coordinateur général du parti Al Qotb et de plus de 18 autres prévenus poursuivis dans une affaire de blanchiment d’argent et de soupçons de corruption financière liés à l’acquisition de biens confisqués.
La prochaine audience a été fixée au 29 octobre 2026. Lors de cette séance, le représentant du chargé général du contentieux de l’État a maintenu les demandes qu’il avait présentées à l’audience précédente.
Au cœur de ce dossier, des opérations d’acquisition de biens confisqués après la révolution, dont les conditions font l’objet de soupçons de blanchiment d’argent et de corruption financière. L’affaire, qui implique plusieurs prévenus, demeure en cours d’examen devant la justice. Aucun jugement sur le fond n’a encore été rendu dans ce volet.
Une première condamnation annulée, mais une détention qui se poursuit
Homme d’affaires et figure du parti Al Qotb, Riad Ben Fadhl avait été arrêté le 14 novembre 2023 à son retour de l’étranger, à l’aéroport de Tunis-Carthage. Un mandat de dépôt avait été émis à son encontre dix jours plus tard par le juge d’instruction du Pôle judiciaire économique et financier, dans le cadre d’une enquête portant notamment sur des soupçons de corruption financière lors de l’acquisition de biens confisqués.
Son incarcération s’inscrivait également dans un contexte marqué par d’autres poursuites financières. Le 30 mai 2024, il avait ainsi été condamné en première instance à quatre ans et six mois de prison, assortis d’une amende de deux millions de dinars, dans une affaire distincte portant sur des infractions douanières et financières. Les faits retenus dans ce dossier concernaient notamment des opérations d’exportation, l’ouverture de comptes bancaires à l’étranger dans des conditions jugées irrégulières et le non-rapatriement de recettes d’exportation.
Cette condamnation a toutefois été annulée en appel le 22 avril 2025, après la régularisation de sa situation financière auprès des autorités concernées et la présentation de justificatifs de règlement des dettes et contentieux en cause.
Cette décision n’a cependant pas entraîné sa libération. Riad Ben Fadhl est resté détenu dans le cadre de l’autre dossier, relatif aux soupçons entourant l’acquisition de biens confisqués et au blanchiment d’argent.
Le dossier des biens confisqués toujours devant la justice
Dans cette affaire, les investigations portent sur des opérations d’acquisition de biens confisqués après la révolution. La défense a notamment soutenu que les acquisitions en cause avaient été réalisées dans le cadre de procédures officielles d’adjudication et d’appels d’offres, et que les offres présentées respectaient les règles applicables.
Ces arguments devront être appréciés dans le cadre de la procédure judiciaire. À ce stade, les soupçons visés par les poursuites ne sauraient être assimilés à une culpabilité établie.
Près de trois ans après l’arrestation de Riad Ben Fadhl, le dossier reste donc pendant. Le rejet des demandes de remise en liberté, lundi, maintient l’ancien responsable politique en détention dans l’attente de la prochaine audience, prévue le 29 octobre.
M.B.Z










