Une voiture qui s’envole, des crevettes qui envahissent les marchés… et Wallyscar qui ne rate pas l’occasion de s’inviter dans la conversation. Le constructeur automobile tunisien enchaîne les publications décalées sur Facebook, en transformant l’actualité en terrain de jeu adressé à sa communauté.
Wallyscar a choisi de tirer de l’actualité une bonne idée de communication. Sur Facebook, le constructeur automobile tunisien s’amuse à détourner les sujets qui font parler, avec des visuels soignés et des légendes en dialecte tunisien qui misent sur la connivence avec les internautes.
Dernier exemple en date : une camionnette Wallys Annibal XXL garée sur une plage, la benne ouverte et remplie à ras bord de crevettes. Le décor est presque idyllique, la cargaison nettement moins conventionnelle. Publiée vendredi 23 octobre 2026, l’image accompagne une légende en arabe tunisien qui joue sur une formule populaire pour annoncer, en substance, que le moment est venu de passer aux crevettes.
Le clin d’œil arrive au moment où les crustacés font parler d’eux sur les marchés tunisiens. Depuis plusieurs jours, leur abondance et la baisse de leurs prix alimentent les discussions.
Wallyscar n’entre pas dans le débat sur l’origine des crevettes, leurs prix ou les enjeux liés à leur commercialisation. La marque préfère s’emparer du phénomène avec une image qui détourne son propre univers automobile : pourquoi se contenter de transporter des passagers quand on peut, le temps d’une publication, faire un stock de crevettes ?

Une Tesla volante, et maintenant des crevettes à bord
La publication du 23 octobre n’est pas un coup d’essai. Le 16 octobre, Wallyscar avait déjà rebondi sur l’un des sujets les plus spectaculaires de la semaine : la démonstration par Tesla d’une voiture capable d’effectuer des figures aériennes.
Le constructeur américain avait présenté une nouvelle version du Roadster, dont la démonstration, organisée au Texas, avait montré le véhicule s’élever et effectuer des manœuvres dans les airs grâce à un dispositif de propulsion. La séquence, largement relayée sur les réseaux sociaux, avait immédiatement nourri les commentaires et les détournements.
Wallyscar avait alors publié une image de son modèle Annibal XXL, représenté en train de décoller dans un nuage de fumée, propulsé par des jets de lumière bleue. Le tout sur fond noir, avec un logo bien visible et une mise en scène digne d’une bande-annonce de science-fiction.
La légende, toujours en dialecte tunisien, jouait sur l’étonnement avec une formule qui invite à ne pas faire comme si l’on découvrait pour la première fois une voiture volante.
Le contraste est amusant. D’un côté, Tesla et ses ambitions technologiques spectaculaires ; de l’autre, un constructeur tunisien qui s’empare de la séquence pour mettre son propre véhicule en scène. Pas besoin de lancer une fusée ni de promettre de révolutionner les transports, une bonne dose d’autodérision et un visuel accrocheur suffisent à entrer dans la conversation.

Le bon timing, plutôt que le discours publicitaire classique
Ce qui rapproche les deux publications, au-delà de leur ton humoristique, c’est leur sens du timing. La marque ne se contente pas de publier des photos de véhicules accompagnées de fiches techniques ou de slogans commerciaux. Elle tente de faire coïncider son univers avec des sujets dont les internautes parlent déjà.
La voiture volante renvoie à une actualité internationale spectaculaire. La benne remplie de crevettes fait, elle, écho à une préoccupation beaucoup plus locale et quotidienne, qui touche directement les consommateurs tunisiens.
Dans les deux cas, le véhicule devient un support narratif. Il ne sert plus uniquement à présenter un modèle, mais à raconter une petite histoire en lien avec l’air du temps. Le produit reste reconnaissable, le logo est visible et la marque s’offre une place dans le fil d’actualité sans avoir besoin de dérouler un argumentaire commercial.
Wallyscar, un constructeur tunisien qui soigne son image
Fondée en 2006 par les frères Zied et Omar Guiga, Wallyscar est une marque automobile tunisienne qui s’est développée autour de l’ambition de concevoir et de commercialiser des véhicules sous une enseigne locale.
À travers ses publications, le constructeur montre aussi qu’une marque locale peut investir les codes de la communication numérique sans se prendre systématiquement au sérieux. Il suffit parfois d’une voiture qui vole ou d’une benne pleine de crevettes pour transformer une actualité en occasion de faire sourire.
R.B.H










