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UNFT : deux ans sans salaires, l’ATFD tire la sonnette d’alarme

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Par Sarra Hlaoui

    L’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) tire la sonnette d’alarme sur la situation de l’Union nationale de la femme tunisienne (UNFT), dont les locaux sont fermés et les activités paralysées, tandis que ses employés seraient privés de leurs salaires depuis deux ans. Dans un communiqué publié dimanche 25 octobre 2026, l’association dénonce une situation qui plonge les travailleurs et leurs familles dans une précarité persistante et appelle les autorités à intervenir pour trouver une solution globale et équitable.

    À l’origine de cette crise figurent des difficultés financières et des procédures judiciaires liées à des dettes et à des créances remontant à plusieurs années. L’ATFD fait notamment état de mesures de saisie portant sur les équipements et les locaux encore disponibles de l’UNFT, ainsi que de l’exécution de décisions de justice liées à ces engagements financiers.

    Derrière ce contentieux, l’association met en avant une réalité sociale qu’elle juge alarmante : celle de salariées et de salariés privés de revenus stables et sans garanties claires quant à leur avenir professionnel et social.

    Deux ans sans salaires, des familles dans l’incertitude

    Selon l’ATFD, l’UNFT a longtemps été une structure soutenue par l’État, au sein de laquelle les employés bénéficiaient de salaires réguliers et d’une couverture sociale. Depuis deux ans, ces travailleurs se retrouveraient confrontés à l’interruption de leurs revenus et à l’absence de perspectives leur permettant de sortir de cette impasse.

    Pour l’association, cette situation ne peut être réduite à un simple différend financier ou administratif. Elle touche directement aux conditions de vie des personnes concernées, contraintes de chercher des moyens de subvenir à leurs besoins les plus élémentaires, alors que le sort de leurs emplois et de leurs droits sociaux demeure incertain.

    L’ATFD souligne que les années de travail et de service ne peuvent se solder par la précarité, l’abandon et la perte des moyens de subsistance. Elle réclame notamment le règlement des sommes dues aux employés et la garantie de leurs droits en matière de couverture sociale.

    « Les droits des travailleurs ne peuvent être sacrifiés »

    Tout en exprimant sa solidarité avec l’UNFT et son personnel, l’ATFD met en garde contre une gestion des litiges financiers et judiciaires qui se ferait au détriment des droits fondamentaux des travailleurs.

    L’association estime que le règlement des dettes ne saurait justifier la disparition d’une structure associative sans qu’une solution juste et globale soit trouvée, tant pour son avenir que pour celui de ses employés. Elle refuse également que ces derniers supportent seuls les conséquences de situations dont ils ne sont pas à l’origine.

    Au-delà du cas de l’UNFT, le communiqué élargit le débat à la place des associations dans l’espace public. L’ATFD exprime ses inquiétudes face aux difficultés croissantes rencontrées par les composantes de la société civile dans l’exercice de leurs missions. Elle estime que la paralysie de telles structures risque d’affaiblir leur autonomie et leur capacité d’action.

    L’ATFD réclame la réouverture des locaux

    Face à cette situation, l’Association tunisienne des femmes démocrates appelle les autorités concernées à assumer leurs responsabilités et à intervenir en urgence afin de parvenir à un règlement équitable. Elle demande que le sort professionnel et social de chaque employée et employé soit clairement établi, sans laisser personne en marge de la solution.

    Elle réclame également la réouverture des locaux de l’UNFT et la levée des obstacles empêchant la reprise de ses activités dans les différentes régions du pays, dans le respect de la loi et des droits de chacun.

    L’association appelle, par ailleurs, les organisations de la société civile, les structures féministes, les organisations de défense des droits humains et les syndicats à se mobiliser pour soutenir les salariés concernés et défendre le droit à un travail décent ainsi que l’indépendance de la vie associative.

    Pour l’ATFD, la défense des employés de l’UNFT dépasse ainsi le seul sort d’une organisation et de son personnel. Elle engage, selon elle, des principes essentiels : le droit au travail, la protection sociale, la dignité humaine et la capacité des femmes à s’organiser et à participer à la vie publique.

    L’association estime que la prolongation de cette situation, sans mesures concrètes ni perspective de règlement, ne ferait qu’aggraver la précarité des travailleurs et de leurs familles. Elle appelle à une réponse permettant de préserver leurs droits, de clarifier leur avenir et de donner à l’Union nationale de la femme tunisienne les moyens de reprendre ses activités.

    S.H

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