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Rami Rahmouni : quelques mois après sa naturalisation saoudienne, l’or à Dakar

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Par Myriam Ben Zineb

    À 17 ans, Rami Rahmouni vient de décrocher une médaille d’or aux Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar. Une victoire qui aurait pu faire la fierté du sport tunisien. Mais c’est sous les couleurs de l’Arabie saoudite que le jeune nageur, formé en Tunisie, est monté sur la plus haute marche du podium. Un nouveau départ qui remet en lumière les difficultés du sport national à conserver ses talents.

    Le jeune nageur s’est imposé, mardi 3 novembre 2026, sur 400 mètres nage libre, avec un chrono de 3 minutes 47 secondes et 86 centièmes, selon les résultats relayés dans la presse. Une performance qui lui offre son premier titre olympique de la jeunesse sous les couleurs saoudiennes.

    Né en 2009, Rami Rahmouni avait fait ses premières armes à l’Espérance sportive de Tunis, avant de poursuivre sa progression en France, à l’US Créteil Natation. Plusieurs fois médaillé d’or aux Championnats d’Afrique juniors, il figurait parmi les grands espoirs de la natation tunisienne.

    Sa naturalisation saoudienne, confirmée en février dernier par la présidente de la Fédération tunisienne de natation, Hedia Mansour, avait provoqué une vive polémique. Cette dernière avait évoqué une véritable onde de choc, estimant que le jeune sportif avait cédé à des incitations financières. Elle avait également rappelé les moyens mobilisés pour l’accompagner, notamment un contrat d’objectifs de 165 mille dinars et des stages à l’étranger.

    Les motivations personnelles du nageur n’ont toutefois pas été établies indépendamment. Son cas n’en pose pas moins la question de la capacité du sport tunisien à conserver les champions qu’il forme.

    Des champions qui cherchent leur avenir ailleurs

    Le parcours de Rami Rahmouni n’est pas isolé. Ces derniers mois, plusieurs sportifs tunisiens ont quitté leurs délégations à l’étranger, parfois dans des circonstances spectaculaires.

    En août 2026, quatre athlètes avaient ainsi quitté la délégation tunisienne lors des Jeux méditerranéens de Tarente, en Italie. Parmi eux, la lutteuse Chahd Jeljeli et le gymnaste Ahmed Abidi avaient publiquement expliqué leur décision en dénonçant leurs conditions de vie et de préparation.

    Septuple championne de Tunisie, Chahd Jeljeli affirmait percevoir une rémunération de 250 dinars tous les six mois, de manière irrégulière, et ne pas avoir reçu certaines primes de compétition. Ahmed Abidi racontait, de son côté, avoir dû assumer seul des dépenses liées à sa carrière, jusqu’à se retrouver sans logement stable.

    Des témoignages qui mettent en évidence le décalage entre les ambitions sportives nationales et les moyens dont certains athlètes disent disposer pour les concrétiser.

    Autre exemple, celui de l’haltérophile Ghofrane Belkhir, qui avait quitté sa délégation en Norvège en octobre 2025 avant de rejoindre la sélection allemande. La championne avait toutefois précisé que sa décision n’était pas motivée par l’argent, évoquant plutôt des difficultés accumulées au cours de sa carrière.

    Ces trajectoires ne sont pas identiques. Elles témoignent néanmoins d’un malaise qui dépasse les seules questions de nationalité sportive. Manque de moyens, primes tardives, difficultés administratives, conditions de préparation insuffisantes : autant de problèmes régulièrement dénoncés par des athlètes appelés, dans le même temps, à porter haut les couleurs nationales.

    Le cas de Rami Rahmouni est d’autant plus symbolique que la Tunisie avait investi dans sa formation et son accompagnement. Aujourd’hui, son talent continue de s’exprimer, ses performances progressent et les médailles arrivent. Mais elles enrichissent désormais le palmarès d’un autre pays.

    M.B.Z

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    Commentaire

    1. HatemC

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      3 novembre 2026 | 19h34

      Le départ de jeunes talents tunisiens vers d’autres nations met en lumière un malaise profond et récurrent dans la gestion du sport de haut niveau en Tunisie.

      D’un côté, les fédérations sportives montent souvent au créneau pour pointer du doigt les offres financières mirobolantes ou l’attrait de l’argent étranger, cherchant à rejeter la responsabilité sur les athlètes ou sur des intermédiaires. Mais d’un autre côté, cette posture occulte difficilement les tares structurelles du système national

      Les athlètes tunisiens font constamment face à des parcours du combattant, entre manque de moyens, infrastructures souvent inadaptées, retards de subventions et difficultés administratives pour toucher leurs primes (comme cela a pu être documenté à maintes reprises pour les sportifs expatriés).

      L’absence de vision et de suivi : Faute d’un encadrement rigoureux, professionnel et pérenne de la part des structures de tutelle, les talents se sentent abandonnés à leur sort. Quand un jeune prodige s’exile pour trouver des conditions dignes de son potentiel, il est facile pour les instances officielles de crier à la trahison plutôt que d’assumer leurs propres défaillances.

      Et comme par hasard la présidente de la Fedération parle de moyens mobilisés pour l’accompagner, notamment un contrat d’objectifs de 165 mille dinars et des stages à l’étranger…. Que du flan pour se dedouaner … Ce jeune a raison de partir, la Tunisie ne mérite pas ces talents … d’ailleurs elle les méprise on oubli les déboires de Ons Jabeur, et de tous les nageurs tunisiens et autres délaissés et surtout méprisés …

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