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Violence dans les stades : le ministère de la Jeunesse et des Sports prépare une nouvelle loi

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Par Imen Nouira

    Après les réunions de crise, les annonces de sanctions et les mesures destinées à renforcer la sécurité dans les enceintes sportives, le ministère de la Jeunesse et des Sports entend désormais passer par la voie législative. Une nouvelle loi consacrée à la lutte contre la violence dans le domaine sportif est en préparation, parallèlement à une révision des codes disciplinaires des fédérations. Une annonce qui intervient un an après une série d’engagements pris pour tenter d’endiguer un phénomène récurrent dans le sport tunisien.

    Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Sadok Mourali, en a fait état lors d’une séance d’audition tenue lundi 2 novembre 2026 devant la commission de l’éducation, de la formation professionnelle, de la recherche scientifique, de la jeunesse et des sports de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), conjointement avec la commission des services et du développement social du Conseil national des régions et des districts, dans le cadre de l’examen du projet de budget de son département pour 2027.

    Selon le communiqué parlementaire, le ministère travaille à l’élaboration d’une loi visant à lutter contre la violence dans le domaine sportif. Ce chantier s’accompagne d’une révision des codes disciplinaires des fédérations sportives. Deux initiatives destinées à renforcer l’encadrement juridique et disciplinaire du secteur. Le communiqué ne fournit toutefois aucune précision sur les dispositions envisagées, les éventuelles nouvelles sanctions ou le calendrier de présentation du futur texte. Il ne précise pas non plus si cette loi viendra compléter le dispositif juridique existant ou en modifier certaines dispositions.

    Cette nouvelle initiative intervient après plusieurs annonces faites en 2025, dans un contexte marqué par des épisodes de violence lors de rencontres sportives.

    Le 17 février 2025, au lendemain des incidents survenus lors de la Supercoupe de Tunisie opposant l’Espérance sportive de Tunis au Stade tunisien, ainsi que lors d’une rencontre de basketball entre équipes de jeunes, le ministère avait réuni plusieurs responsables sportifs et sécuritaires pour examiner la situation.

    Face à ces débordements, plusieurs mesures avaient été annoncées, notamment le renforcement des sanctions contre les auteurs de violences, en coordination avec le ministère de la Justice, et des interdictions d’accès aux stades visant les personnes suspectées ou condamnées pour des actes de violence. Le recours à des matchs à huis clos pour les clubs dont les supporters seraient responsables de troubles figurait également parmi les dispositions évoquées.

    Quelques mois plus tard, le 4 novembre 2025, à l’approche du derby de la capitale, une nouvelle réunion présidée par Sadok Mourali avait débouché sur d’autres engagements, davantage axés sur la sécurisation et l’organisation des rencontres sportives.

    Le ministère avait notamment annoncé la mise à niveau de la salle de contrôle du stade olympique Hamadi Agrebi de Radés, dont la pleine opérationnalité était prévue à partir de la phase retour du championnat. Une révision de l’échelle des sanctions devait également être engagée en concertation avec le ministère de l’Intérieur, la Fédération tunisienne de football et la Ligue nationale de football professionnel.

    À ces mesures devaient s’ajouter l’élaboration d’un guide unifié des procédures, destiné à clarifier les responsabilités des différents intervenants lors des rencontres sportives, ainsi que la création d’une fonction de coordinateur général dans les stades. Cette dernière devait être confiée à des diplômés des instituts supérieurs d’éducation physique et du sport sans emploi, chargés d’assurer la coordination sur le terrain pendant les compétitions. À l’époque, le ministre avait insisté sur la nécessité d’appliquer les lois et les sanctions « sans distinction ni complaisance », tout en appelant à une meilleure coordination entre les différents acteurs concernés.

    Un an plus tard, l’annonce d’une nouvelle loi vient s’ajouter à cet ensemble de mesures. Mais le communiqué du 2 novembre 2026 ne fournit aucun bilan de leur mise en œuvre. Il ne permet notamment pas de savoir où en sont la modernisation des dispositifs de contrôle, la révision des sanctions ou encore la mise en place des coordinateurs dans les stades.

    La préparation de ce nouveau texte soulève dès lors une question : que pourra-t-il apporter de plus aux dispositifs déjà annoncés ? Car au-delà du renforcement de l’arsenal juridique, la lutte contre la violence dans les stades repose aussi sur l’application effective des règles, la coordination entre les intervenants et les moyens mobilisés sur le terrain. Autant d’enjeux auxquels la future loi devra apporter des réponses pour que cette nouvelle initiative se traduise par des résultats concrets sur le terrain.

    I.N.

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