Une délégation de haut niveau du service des achats du Groupe Volkswagen séjourne actuellement en Tunisie. Objectif : nouer des relations avec des industriels tunisiens pour équiper les véhicules du groupe en pièces détachées tunisiennes.
Cette décision de Volkswagen couronne une série d’actions de promotion du tissu industriel tunisien, que mène depuis plusieurs mois Sakher El Materi, patron d’Ennakl, concessionnaire de Volkswagen, Audi et Porsche en Tunisie.
« On ne veut pas de relation d’acheteur à vendeur. On veut une relation de partenariat durable et profitable aux deux parties. Une relation win-win ». Dans son esprit, l’homme d’affaires tunisien Sakher El Materi sait parfaitement ce qu’il veut et ce qu’il attend de ses partenaires allemands du groupe Volkswagen et il ne l’a pas caché.
Il y a deux ans, le concessionnaire de la marque en Tunisie, Ennakl, est privatisé et échoit entre les mains du jeune homme d’affaires tunisien. Profitant du Salon de l’automobile en 2007 et de la visite d’une délégation de haut niveau en Tunisie, il les invite à investir dans le pays à travers l’implantation d’usines appartenant à Volkswagen ou des entreprises collaborant avec le groupe.
L’idée fait son chemin. Après plusieurs mois d’études, de tractations et de présentations, elle commence à prendre forme. Les Allemands envoient une délégation de haut niveau appartenant à la cellule des approvisionnements de la région Afrique-Europe de l’Est pour rencontrer des industriels tunisiens, fabriquant des pièces détachées tunisiennes. Il s’agit de Stephan Hoeltge, directeur des achats pour l’Europe Centrale et l’Afrique du Nord, Charles-Louis Mazerolles, responsable du sourcing Afrique du Nord et Michelangelo Bonura, responsable achat et sourcing.
Ainsi, et depuis le mercredi 27 août 2008, les rencontres et les présentations s’enchaînent avec tous types d’industriels : faisceaux électriques, faisceaux de câble, cartes-mère, amortisseurs, filtres, jantes, airbags, cuir pour les habitacles… Il ne s’agit même pas de faire appel à des marques étrangères de renom, ayant des unités en Tunisie, mais bel et bien de marques tunisiennes telles GIF, Cofi Câbles, etc. Il y a également la volonté d’encourager ces industriels à fabriquer des pièces spécifiques pour les différentes marques de Volkswagen (Audi, Porsche, VW, Lamborghini, Bentley…)
Il est bon de rappeler que Volkswagen équipe déjà ses véhicules en pièces détachées tunisiennes et ce pour des montants avoisinant les 80 millions de dinars par an. C’est le cas ainsi pour les faisceaux. L’objectif actuellement est de diversifier les produits et de doubler le montant des achats dans les trois années à venir. Ce n’est nullement difficile. C’est à la portée de nos industriels qui équipent déjà les plus grandes marques automobiles.
Nos industriels disposent en effet de beaucoup d’atouts pour réussir à convaincre les Allemands et répondre à leurs cahiers des charges draconiens : qualité conforme aux normes internationales, sérieux, respect des délais, proximité géographique (offrant la possibilité de livraison en des temps courts), prix concurrentiels. Mieux encore, et grâce à son jeune âge, l’industrie tunisienne des pièces automobiles applique déjà les toutes nouvelles normes en matière d’écologie et de respect de l’environnement. « Elle est la seule sur le bassin méditerranéen à répondre à ces critères », observera Ridha Derouiche, directeur central commercial d’Ennakl. En effet, le tissu industriel tunisien du secteur des pièces automobile a bel et bien atteint aujourd’hui sa maturité. « Il y a quelques années seulement, les responsables de Volkswagen nous riaient au nez quand on leur demandait de venir faire leurs emplettes chez nous. Aujourd’hui, ils sont plus que convaincus ! » Une belle revanche !
Dernier atout, le soutien politique au projet. La délégation de Volkswagen, comme les délégations d’autres marques l’ayant précédée (telles que BMW et PSA, Peugeot-Citroën), a été reçue par des officiels. Au ministère du Commerce, au ministère de l’Industrie, au ministère du Développement et de la Coopération internationale, à l’API, on montre toute la volonté de répondre aux attentes des investisseurs allemands.
Du côté d’Ennakl, on ne cache pas la joie de l’équipe et on ne manque pas de mettre en exergue la détermination de Sakher El Materi de faire ramener ces investisseurs. « Ce n’est nullement pour des questions de compensation, notre quota nous suffit déjà largement et demeure conforme aux capacités du marché ».
Ce n’est pas fini, nous indiquera-t-il : « L’objectif de M. El Materi est d’inviter également les responsables de Renault Trucks à faire leurs achats en Tunisie (ceci est prévu après le mois du Ramadan), et de faire de la Tunisie une plateforme de distribution pour l’Afrique ». La chose est un peu plus difficile, au vu du cahier des charges draconien exigeant une infrastructure (Ports, routes, etc) importante. Mais, d’après les responsables d’Ennakl, on est à pied d’œuvre actuellement pour réussir cet objectif. Autre objectif annoncé de la société : parrainer quelques jeunes entreprises et leur servir de base arrière pour leurs activités.
Au vu de ces objectifs ambitieux, il semble clair que Sakher El Materi va continuer encore à faire parler de lui. Il y a quelques semaines, à l’occasion de l’inauguration de son showroom de Renault Trucks, le jeune homme d’affaires parlait déjà de la nécessité d’investir et de ramener des investisseurs. Cette concrétisation, avec les hommes d’affaires allemands, n’est finalement qu’un début…
Sakher El Materi ramène les Allemands

Subscribe to Our Newsletter
Keep in touch with our news & offers









