Dans un article publié le 18 novembre 2009, nous avons mentionné qu’à partir du 15 décembre prochain, le site web de la Bourse de Tunis (http://www.bvmt.com.tn/) ne diffusera plus les cours en temps réel, mais en décalage de 15 minutes. Selon un intermédiaire tunisien en Bourse, cette décision serait à applaudir, car elle vise à orienter les investisseurs vers les sites web de ces intermédiaires qui, eux, diffuseront en temps réel l’évolution des cours. Nous avons précisé également que ce service sera exclusif pour les clients qui auront ainsi un avantage (de 15 minutes) sur le grand public.
Cependant, l’analyste financier Tahar El Almi ne semble pas du tout du même avis. Dans son billet hebdomadaire au « Quotidien », M. El Almi a critiqué sévèrement ce différé. « Ceux qui avaient l’habitude de suivre les cours, boursiers, comme ailleurs dans les pays émergents et avancés, en seront pour leurs frais…Le « rafraichissement » des cotations prendra 15 minutes et quelques…de plus. Et tant pis pour les étudiants qui ont investi dans des mémoires de trading, et autres chercheurs dans les salles de marchés des institutions universitaires ».
Les violons de M. El Almi ne s’accordent pas avec les décideurs de la BVMT sur un point essentiel, à savoir la pertinence d’une telle décision. »Nous rappelons aux uns et aux autres, qu’un marché efficient, implique une information parfaite et en temps réel, disponible pour tous les opérateurs effectifs ou potentiels…Bien sûr, on nous dit, sans conviction et sans vouloir convaincre, « qu’ailleurs c’est courant »…et sans citer d’exemples ».
Et M. El Almi d’ajouter : »ils ne nous ont pas convaincus, comme ils n’auraient pas convaincu les opérateurs étrangers effectifs et potentiels qui s’intéressent au marché boursier de Tunis, parce qu’il est porteur de stabilité, dans un monde en crise ».
S’agit-il donc d’une fausse note commise par décideurs de la BVMT ? M. El Almi ajoute une « note » de plus sur l’échelle de sa critique en rappelant : « déjà que le marché boursier de Tunis n’arrive pas à décoller pour se mettre au niveau des bourses émergentes similaires, en dépit de l’institution de structures qui font la fierté de la place, et en dépit des encouragements et incitations des pouvoirs publics qui misent sur le marché boursier pour financer plus et mieux l’investissement productif créateur d’emploi et générateur de richesses réelles ».
In fine, M. El Almi a suggéré aux décideurs de réfléchir plus et mieux sur la portée de leurs « décisions » tout en leur promettant d’y revenir. A suivre…
Tunisie – Le différé décidé par la BVMT sévèrement critiqué

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