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Un drame 3G à la 3D !

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    Par Nizar BAHLOUL

    A chacun ses problèmes. Certains ne pensent qu’à trouver un emploi. Pour d’autres, le problème du moment, consiste à choisir entre l’abandon de son « vieux » Blackberry pour un nouvel iPhone (4 de préférence) ou à les garder tous les deux.
    Quand on a le luxe d’avoir ce type de problèmes, c’est un vrai dilemme !
    Le chic nec plus ultra consiste, en effet, à opter pour l’iPhone. Ça épate l’entourage de voir tout ce que la 3G peut offrir. Surtout après leur avoir montré tout ce qu’une télé 3D permet de voir.
    Mais que faire de son répertoire et de son mail qui atterrit directement sur le Blackberry ? Et comment expliquer cette migration vers un numéro 55, alors que le chic nec plus ultra consiste à avoir un 98 ? Un vrai dilemme, vous dis-je !
    Les opérateurs téléphoniques, à l’origine de ce dilemme qui touche la majorité de nos hommes d’affaires et des férus de technologies, rient sous cape.

    Ce n’est pas nouveau. Je me rappelle de mon défunt grand-père. Il trimballait fièrement dans les ruelles de la Médina, dès qu’il ait fini la prière qu’il dirigeait à la mosquée Zitouna. De sa jebba, il sortait son tout nouveau radio-transistor et le collait à son oreille. Ce qui lui faisait le plus plaisir, c’était lorsqu’on lui demandait ce qui se passait dans le monde. Grâce à son radio transistor, il savait ! Il ne ratait jamais les infos et avait l’impression de dominer le monde en étant informé avant les autres.
    C’est un de ces nouveaux propriétaires d’iPhone, dirigeant d’un journal qu’il est, qui m’a rappelé la scène de mon grand-père et son transistor. L’ami, lui, était collé devant son iPhone en train de regarder iTélé (ou BFM, je ne sais plus) dans un café, en pleine nature ! Les temps ont changé, mais les habitudes demeurent les mêmes.
    Lui, il a résolu le dilemme. Il a le Blackberry et l’iPhone. Son nouveau problème est qu’il ne peut pas capter, là où il veut, ses chaînes préférées. Foutu réseau 3G, rouspète-t-il tout le temps.

    Après les hommes d’affaires et les férus, ce sont les femmes qui s’y mettent maintenant. Le Blackberry ne les intéresse pas. Trop pointu, disent-elles.
    Ce qui les intéresse, c’est l’iPhone. Et obligatoirement le 4ème. Pourquoi ? Parce que ça fait chic et, surtout, parce qu’il a cette application Facetime qui leur permet d’épier leur époux (ou leur copain) quand elles veulent. Vous savez, cette application qui vous offre la possibilité de visionner votre interlocuteur au téléphone. Désormais, il ne sera plus possible de dire qu’on est retenu au bureau, alors qu’on est en train de siroter un verre au Sheraton.
    Ma femme s’est mise l’idée en tête et me harcèle pour obtenir, elle aussi, son iPhone. Je le lui ai promis, le jour où les poules auront des dents.
    Entre-temps, on ne peut que maudire ce foutu réseau 3G qui va nous créer davantage de problèmes.
    Le pire, c’est que même quand vous vous débrouillez pour le mettre en panne, l’opérateur en vous propose un nouveau tout de suite ! Hors de question de rester avec un appareil en panne, il faut que vous soyez tout le temps connecté. Et c’est valable aussi bien pour le Blackberry de Tunisie Telecom que l’iPhone d’Orange !
    Ah ! Finie l’époque où l’on attendait des semaines pour qu’on vienne nous rétablir la ligne fixe, coupée par une petite pluie automnale !

    Les opérateurs téléphoniques continuent à rire sous cape et affinent davantage leur stratégie pour rire encore plus.
    Leurs premiers dirigeants dîneront ensemble ce soir. Officiellement, ils sont invités par l’ATUGE à débattre du secteur. L’ATUGE n’est pas cette Association Tunisienne des Utilisateurs Généralement Embobinés, mais l’Association Tunisienne des Grandes Ecoles. Un petit lobby, bon chic bon genre lui aussi, qui débat des problèmes majeurs d’un secteur dans un endroit à l’ambiance feutrée. Et le problème majeur c’est la 3G qu’on doit généraliser.
    Officieusement, les opérateurs vont discuter comment mieux cultiver ce marché et le hisser au meilleur niveau possible. Par meilleur niveau possible, entendez que tout utilisateur doit se munir d’un appareil capable de capter la 3G et de consommer le maximum possible d’unités.

    Ainsi, par égalitarisme, il faut que les problèmes des riches hésitant entre le Blackberry et l’iPhone soient généralisés à toute la population.
    Même le chômeur, qui vous rédige un CV sur lequel est inscrit « enseigneur » (authentique, je l’ai reçu la semaine dernière), doit posséder un smartphone connectable sur la 3G.
    Quand toute la population a ce type de dilemmes, on pourra alors dire que la Tunisie ressemble à un pays développé.
    On a juste oublié une chose et qui fait rarement débat, même chez les grands penseurs de l’ATUGE : l’essentiel n’est pas d’être très forts en tant qu’utilisateurs, mais en tant que producteurs. Et là, ce n’est plus un problème de riches ou de pauvres, c’est un drame. Un drame 3G à la 3D !

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