Le dispositif de ladite allocation dispensera ainsi d’une poignée d’avantages et non des moindres. En excluant les 2 millions de Libyens résidents actuellement en Tunisie- sachant que le nombre peut accroître- du système de l’allocation, cela permettra à l’Etat de réaliser une économie notable de l’ordre de 1 milliard de dinars. Rien que cela ! Sans omettre, bien entendu, une donnée indispensable du schéma de la présence des Libyens sous nos cieux : celle relative à leur pouvoir d’achat. Ce dernier est, de loin, plus élevé que celui du Tunisien. De fait, nos convives et intimes voisins n’auront pas à pâtir de payer le litre de carburant à un prix non subventionné et pourront réviser leur consommation de pain.
Une fois l’allocation mise en place, il faudra réfléchir à réduire de manière graduelle le montant de la compensation. Comment ? Il suffira, en ce cas, de retirer à échelle progressive l’intervention de la Caisse générale de compensation et ce, auprès de la couche sociale dite riche, au travers de la suppression de l’allocation dont ils ont bénéficié dans un premier temps au même titre que le reste de la population. Une autre mesure issue de la mise en place du dispositif de l’allocation serait de freiner la croissance du budget que le gouvernement alloue à la compensation tout en esquivant le fait qu’il soit tributaire de manière sensible à l’accroissement de la population tunisienne. Motif de la manœuvre : l’afflux plantureux de résidents non Tunisiens qui de part leurs statuts ne s’affranchissent pas des taxes dues en Tunisie. Mustapha Mezghani a, dans le même contexte, expliqué que : « Le montant annuel de l’allocation pourrait être inférieur à 450 dinars par habitant, car dans les 7 milliards de dinars sont aussi inclus les produits compensés exportés que ce soit en l’état ou transformés ou en tant qu’intrants de produits exportés, ce qui permettrait de réaliser une économie supplémentaire. »
Le dispositif de l’allocation mis au profit des personnes démunies pourrait être un système gagnant à deux sens : celui de l’Etat et celui de la frange de population concernée. Néanmoins, certains experts en la matière avaient présenté, lors d’un débat sur la question, l’alternative du ciblage exclusif comme étant coûteuse pour l’Etat à un point tel que cela dépasserait les économies potentielles : en plus du coût de l’administration qu’il faudra créer à cet effet, il existerait un risque non moindre de corruption dans les rangs de la classe des démunis ainsi que de tous ceux qui auront besoin de subvention.
La réforme de la Caisse générale de compensation ne peut se faire que sur le moyen et long terme. Il sera du ressort du prochain gouvernement issu des élections de traiter la question dans tous ses aspects, car les retombées se feront sentir à plus d’un titre. Les institutions financières internationales : FMI et Banque Mondiale, ayant critiqué de leurs côtés la Caisse de compensation, s’accordent à dire qu’il est inévitable d’opérer des mesures sociales douloureuses dans le but d’établir la vérité des prix.
Force est de constater que le dispositif de l’allocation a démontré une efficacité soutenue en France. Bien que nous n’ayons pas, à quelques endroits, des modèles économiques et sociaux similaires, tenir exemple sur l’expérience du RSA n’apparaît pas être une idée irrévérencieuse. En tous cas, il y a espace et matière à exploiter.










