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Ne pas baisser les bras !

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    Etre optimiste dans le contexte tunisien actuel n’est pas un exercice facile. Depuis une dizaine de jours maintenant, nous vivons au rythme des menaces terroristes, des attentats réels ou déjoués et des mauvaises nouvelles dans presque tous les domaines. La situation sociale ne s’améliore pas et la situation économique reste toujours aussi préoccupante. Mais le plus grave, c’est que c’est l’espoir qui est en train de s’éteindre.

     

    En plus, il s’est avéré qu’on ne pouvait pas compter sur nos gouvernants pour nous mettre du baume au cœur ou pour nous rassurer. Le ministre de l’Intérieur, en place de puis quelques mois, a essuyé l’attentat du Bardo, ensuite l’attaque de la caserne de Bouchoucha et l’attentat de Sousse. Pourtant, il est toujours là et il veut rassurer, en plus. Le chef du gouvernement, Habib Essid, n’arrive pas non plus à communiquer un message apaisant. Hésitant, sans envergure politique et empêtré dans la réaction plutôt que dans l’action, le chef du gouvernement donne l’impression de gérer comme il peut sans avoir de stratégie. Inutile ici de rappeler qu’il n’est pas arrivé non plus à accélérer le vote de la loi anti-terroriste et qu’il se contente des palliatifs employés sous Ben Ali, du genre virer les gouverneurs et les chefs de district. On ne pourra pas, non plus, compter sur le président de la République, Béji Caïd Essebsi, pour nous rassurer. C’est même l’inverse puisque le président estime que l’Etat est sur le point de s’effondrer. Rien que ça !

     

    Alors que nous reste-t-il ? A quoi pouvons-nous nous raccrocher ? A la seule chose qui n’a pas changé depuis des années : le fait que nous soyons Tunisiens et que nous appartenons à ce pays. Quels que soient les gouvernants, quels que soient les partis et les lobbies, nous restons Tunisiens et ça ne changera pas. Nous sommes nés ici et nous espérons tous y être enterrés.

    Ça peut sembler idéaliste et naïf de se raccrocher à ce genre de « principe ». Le patriotisme est tellement désuet et le mot a tellement été galvaudé depuis quelques années qu’aujourd’hui il ne veut plus dire grand-chose. Sauf si on y redonne du sens. On peut y redonner du sens par la pratique, par la pensée et par la conviction.

    On pourrait déjà commencer par arrêter de s’auto-dénigrer. Héritage français par excellence, on n’arrête pas, nous Tunisiens, de nous mettre plus bas que terre et de nous délecter des constats d’échec et de la « bêtise » de nos concitoyens. Il n’y a qu’à voir les commentaires sur les réseaux sociaux ou les discussions dans les cafés. Il suffit de commencer ses phrases par « Le Tunisien est… » pour ensuite déverser les préjugés, la condescendance et parfois la haine, que certains ont dans le cœur.
    C’est avec la même haine qu’on dénigre le succès et qu’on l’attaque de toute part parce que chez nous, le succès est d’abord suspect, ensuite immérité et finalement insulté. Chacun d’entre nous tente de déverser le peu de science qu’il a et nous n’avons aucun scrupule à donner des leçons à tout le monde, dans tous les domaines. C’est ce qui fait de nous des experts en foot, en politique, en journalisme, en stratégie militaire etc.

     

    Ce pays nous appartient à tous. Il n’appartient pas à ceux qui nous gouvernent et c’est uniquement notre désunion, notre négativisme et notre démission qui font que ceux qui nous gouvernent font ce qu’ils veulent. Nous nous occupons chacun de notre petit confort personnel, nous sommes égoïstes et démissionnaires de la chose publique. Alors, quelque part, nous méritons ce qui nous arrive.

     

    Maintenant, il faut regarder l’avenir. Que va-t-on faire ? Quitter le pays et le laisser en proie aux terroristes ? Est-ce qu’on va cracher sur notre histoire, notre identité et notre héritage parce qu’on a peur ? Ceux qui feront ce choix ne sont pas à blâmer, ils doivent avoir leurs raisons et puis tout le monde n’est pas fait pour se battre. Mais il faut quand même espérer que les battants soient une majorité, ne serait ce que pour honorer la mémoire de nos ancêtres et pour que les soldats qui sont morts pour leur pays ne soient pas morts pour rien.

     

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