Les habitants de Ben Guerdane refusent la construction du mur sur la frontière entre la Tunisie et la Libye. La région connait des mouvements de protestation et un état de tension palpable. Des réunions populaires réclament l’arrêt immédiat des travaux. Selon la TAP, des citoyens ont barré la route reliant Ben Guerdane à Ras Jedir à des camions transportant des marchandises en Libye.
Des citoyens ont forcé, lundi 20 juillet 2015, deux camions transportant du sel en direction du port commercial de Zarzis à renverser leur cargaison en route, en signe de protestation contre la construction d’un mur long de 220 km sur la frontière entre la Tunisie et la Libye. Les quantités de sel déversées sur la route ont empêché des camions libyens de transport de marchandises vers la Libye de passer.
Cette réaction vient en protestation à une décision jugée unilatérale par les habitants de Ben Guerdane, ceux-ci estiment que les restrictions qui vont en découler ne feront qu’approfondir la marginalisation de la région en l’absence d\’alternatives de développement. Selon la majorité des personnes qui refusent la construction du mur frontalier, ce projet montre l’échec cuisant du gouvernement dans la lutte contre le terrorisme. Ils appellent le gouvernement à assumer ses responsabilités face à l’escalade de l’état de tension des citoyens et des jeunes de la région.
Les syndicats locaux pour l\’emploi, des agriculteurs, de l\’industrie, du commerce et de l’artisanat ont eux aussi condamné cette décision et ont demandé l’arrêt immédiat des travaux appelant à l’urgence du dialogue avec toutes les parties prenantes dans le développement et la sécurité.
D’une autre part, la commission nationale des recours au sein de l’UTICA a décidé de geler l\’activité syndicale du président du syndicat local. Les trois syndicats affiliés à la commission tripartite estiment que la décision, influencée par la position du président du syndicat concernant le mur frontalier entre la Tunisie et la Libye, est illégale et ne repose pas sur des motifs factuels et juridiques.
M.B.Z










