Pour parler de la justice tunisienne et des problématiques auxquelles elle se trouve confrontée, Le président du syndicat des Magistrats tunisiens, Faysal Bouslimi, était l’invité de la matinale présentée par Sofiene Ben Hamida ce mercredi 8 février 2017, sur Nessma TV.
M. Bouslimi a commencé son intervention expliquant qu’avec la mise en place du conseil supérieur de la magistrature les juges pourront travailler plus librement et sans avoir peur d’être mutés, par exemple. Il a ensuite évoqué l’importance de donner les moyens adéquats à la justice pour qu’elle puisse traiter les différentes affaires de manières efficace. « Nous avons actuellement huit juges qui travaillent sur 3000 affaires de terrorisme. Ce n’est donc pas la faute aux juges si ces affaires prennent de longues périodes avant d’être traitées. Ce manque d’effectif impacte indéniablement aussi sur la qualité du traitement de ces affaires ! », a dit Fayçal Bouslimi.
Il a par la suite été question du rapport juges-avocats. « A mon sens, ce rapport n’a pas besoin de loi pour être définie » a déclaré le président du syndicat des magistrats tunisiens. Il a ajouté : « Les deux corps se connaissent bien. Les aspirants à ces fonctions sont voisins de banc à la faculté ! La question sur laquelle il faut légiférer, est celle des moyens donnés aux juges et l’allègement des procédures. Il faut essayer de faciliter le travail des magistrats. La justice tunisienne travaille aujourd’hui avec des moyens archaïques. Et si vous prenez en compte le fait qu’un juge traite quotidiennement des centaines de dossiers, on ne peut pas parler de qualité dans la justice ».
M. Bouslimi a en conclusion évoqué la corruption disant : « La corruption est partout dans le pays, et la justice est une partie du pays. Il faut faire de gros efforts sur la question, cependant j’ai une grande confiance en mes collègues et je dis ça aussi par rapport à l’indépendance de la justice en général ».
S.A










