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C’est fou ce que les chiffres sont têtus

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    Attention chronique barbante. Il va s’agir d’économie et de Loi de finances. C’est un sujet qui n’intéresse pas grand monde, sauf quand les décisions et les lois commencent à frapper les portefeuilles. Là c’est l’incompréhension et l’indignation. Pourtant certains médias avaient prévenu longtemps à l’avance. Enfin bon…

     

    Pour faire court, l’INS a révélé que la Tunisie avait fait une croissance de 1% pour l’année 2016 et que le chômage était de 15,5%. En 2015, la Tunisie avait fait 1,1% de croissance et le chômage était à 15,4%. En gros, la Tunisie a stagné, pour ne pas dire est en récession, et le chômage a légèrement augmenté malgré les promesses, les programmes et les budgets.

     

    C’est quand même bizarre pour une année où il n’y a pas eu d’attentats d’envergure et où le pouvoir devait être bien installé après la première année de mandat. Il est quand même très bizarre que la Tunisie ait fait une meilleure croissance que l’année où il y a eu l’attentat du Bardo et celui de Sousse !

     

    Avant, on disait que la conjoncture était extrêmement difficile et que les attentats avaient un impact direct sur l’économie. Ce n’est pas faux. Et quand il n’y a pas d’attentats, on disait dans certains salons feutrés de la banlieue de Tunis que c’est la faute d’Ennahdha. La troïka a tellement infiltré les rouages de l’administration et de l’Etat qu’il est impossible pour les ministres, pétris de bonnes intentions, de faire correctement leur travail. C’était peut-être vrai à une époque, mais au bout de deux ans de mandature, ça ressemble de plus en plus à de la foutaise. De la foutaise dans de très larges proportions.

     

    La preuve ? Les perspectives de croissance du gouvernement Chahed pour l’année 2017. La Tunisie espère réaliser 2,5% de croissance cette année. Les vrais experts économiques et les représentants des organismes internationaux essayent, lors des conférences et des colloques, de pointer les manquements sans trop appuyer le trait pour qu’on ne leur sorte pas le fameux reproche de la politisation. Mais soyez sûrs que les connaisseurs de l’économie tunisienne pouffent de rire quand ils voient ce chiffre. Ils pouffent de rire ou ils retiennent leurs larmes. En décembre 2016 ils savaient déjà qu’il y aurait une Loi de finances complémentaire en 2017 pour arrondir les angles et clôturer des comptes troués de toutes parts. Je vous laisse imaginer la crédibilité dont jouit un gouvernement qui prépare une Loi de finances utopique et irréaliste. Au mieux c’est de l’incompétence, au pire c’est du foutage de gueule.

     

    Les chiffres défoncent donc les excuses à deux balles sur tout ce qui empêcherait l’économie tunisienne de décoller. D’ailleurs, le slogan gouvernemental dit que l’année 2017 sera l’année de ce fameux décollage. On aimerait tellement y croire, vraiment. Mais les chiffres de l’économie tunisienne n’ont pas d’appartenance politique et encore moins de fils turbulent ou de comptes à rendre à certaines monarchies du golfe.

     

    « Jusque là tout va bien ». La fameuse réplique semble être le nouveau crédo de l’économie tunisienne. On emprunte à tour de bras, les connaisseurs ressassent que tous les voyants sont au rouge, mais sinon tout va bien. Il est bien beau de dire que maintenant on va s’occuper d’économie, mais l’économie, elle, n’attend pas. D’ici la chute, continuons à blablater sur des futilités, ça nous occupera le temps de la descente.

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