Malgré les dégâts qu’ils causent, il y a des actes terroristes qui confortent et qui sécurisent. L’attentat de Kébili en fait partie.
Les forces de l’ordre ont riposté avec succès, très tôt ce dimanche, à une attaque terroriste contre un barrage de sécurité à Kébili. Les terroristes étaient armés de kalachnikovs et conduisaient des motos bourrées d’explosifs. Un policier a été tué et un autre blessé parmi les forces de l’ordre alors que du côté des terroristes, deux ont été éliminés, un troisième grièvement blessé et un quatrième toujours en fuite.
Quelques remarques s’imposent suite à cette attaque. La première concerne la vigilance des forces de l’ordre se trouvant au barrage. Sans cette vigilance le bilan aurait été plus lourd. Cela démontre que les policiers et les militaires ont intégré le risque terroriste dans leur comportement quotidien, contrairement aux années 2011,2012 et 2013, quand les forces de l’ordre, tout comme les citoyens, avaient du mal à concevoir et à accepter la menace terroriste comme une menace réelle. Beaucoup de victimes auraient été perdues par manque de vigilance. Ceux qui assuraient le barrage à l’entrée de Kébili étaient, à toute évidence, très attentifs ce qui a limité les pertes, et cela mérite d’être relevé.
D’un autre côté, il y a lieu de relever la vitesse de la réaction et de la riposte des forces de la sécurité intérieure qui ont réussi très vite à fermer toutes les issues de la ville, d’encercler les attaquants et d’organiser leur poursuite. Une réaction salvatrice et fortement sécurisante qui contraste avec la lenteur enregistrée lors d’autres malheureuses circonstances. Lenteur qui a contribué à alourdir le bilan des attaques terroristes. L’attaque contre l’hôtel Impérial à Sousse en juin 2015 et la lenteur manifeste de l’intervention des policiers qui ont laissé le terroriste prendre possession des lieux durant 35 minutes et canarder à son aise les pauvres touristes, en est l’exemple le plus sanglant.
Il y a aussi la réaction des citoyens et de la population civile. On n’en a pas parlé suffisamment, mais il est important de signaler que deux jeunes civils ont intercepté un des terroristes blessé, l’ont empêché de prendre possession de sa moto bourrée d’explosifs et l’ont remis aux mains des forces de l’ordre. Cette bravoure citoyenne réaffirme le grand élan patriotique chez les Tunisiens dans toutes les régions du pays. Elle confirme qu’à Kébili comme ailleurs, les terroristes ne peuvent se prévaloir d’aucun soutien populaire. Partout où ils peuvent encore se terrer, ils sont seuls, bannis et haïs par les populations, traqués et poursuivis jusqu’à leurs derniers retranchements par les soldats et les forces de la Patrie. Après moins d’une semaine de la célébration du premier anniversaire de l’épopée de Ben Guerdane, cette confirmation qui vient de Kébili n’est pas pour déplaire.
Enfin, cette attaque contre un barrage sécuritaire à l’entrée de la ville de Kébili montre, peut-être, que la Tunisie est entrée dans une nouvelle phase de sa lutte contre le terrorisme, celle du terrorisme résiduel. Nul autre que les spécialistes sécuritaires ne peuvent confirmer ou infirmer cette hypothèse. Mais si elle s’avère vraie, elle signifie que nos efforts dans la lutte contre le terrorisme n’ont pas été vains, que la grosse vague est passée et que la Tunisie a eu la chance d’avoir connue une parenthèse noire assez courte tout compte fait.
Cela ne veut pas dire, bien entendu que le risque terroriste est éloigné, ou que les choses vont revenir à la normale de sitôt. Les terroristes essaieront de porter des coups à notre moral, de faire le maximum de dégâts et d’agir avec toute la haine contre la Tunisie et contre les Tunisiens. Mais ils seront de plus en plus seuls, de plus en plus isolés et leurs possibilités d’agir seront de plus en plus réduites. L’Algérie qui a vaincu le terrorisme continue, plus de vingt ans après, de subir les affres du terrorisme résiduel. Comme l’Algérie, nous vaincrons le terrorisme.










