Chez les salariés des droits de l’Homme, défendre les droits des individus dépend de leur identité d’abord et des dividendes à tirer ensuite. Ceci est valable pour plusieurs échoppes et « grands défenseurs » autoproclamés des droits de l’Homme à commencer par notre ancien président Moncef Marzouki.
Rebondissant une nouvelle fois sur la crise au Golfe arabe (alors qu’il a promis de n’aborder point de sujet politique au mois de ramadan), Moncef Marzouki a évoqué le cas de la prison émiratie « Razine sahraoui » qui figurerait, d’après lui, parmi les dix pires prisons du monde. Il y aurait dans cette prison une grève de la faim menée par des prisonniers politiques qui protestent contre la torture psychologique et physique et le harcèlement sexuels subis.
Et Moncef Marzouki d’affirmer son soutien à « nos frères enfermés » dans ce « pays qui mène la contre-révolution dans le monde arabe pour imposer un régime politique arabe périmé, traître et corrompu ».
Il est bon de rappeler que le même « Défenseur des droits de l’Homme » n’a jamais ouvert le bec pour évoquer Mohammed al-Ajami, ce poète qatari condamné à 15 ans de prison pour avoir glorifié le printemps arabe, ni pour défendre les centaines de prisonniers en Turquie dont des magistrats et journalistes. Et, quand il était président, le même Marzouki estimait que Jabeur Mejri était en prison pour sa sécurité. Le jeune tunisien a été condamné, sous la législature de Marzouki, à sept ans de prison pour blasphème et ce après avoir publié des caricatures jugées offensantes au prophète.
Il est vrai que défendre les prisonniers Qataris, Turcs ou Tunisiens n’aurait pu lui ramener que des ennuis de la part des dictateurs Erdogan et Al Thani. Défendre les prisonniers émiratis, par contre, générerait assurément des dividendes de la part de ces mêmes dictateurs.
A rappeler enfin que les médias de propagande qataris, Al Jazeera notamment, sont en train de multiplier les articles dénigrant les Emirats arabes unis et l’Arabie Saoudite. Des articles qui mélangent souvent la vérité à l’intox sans que l’on puisse distinguer le vrai du faux. Mais comme ils sont sérieusement relayés par des « défenseurs de droits de l’Homme », ces articles réussissent à avoir du crédit auprès d’un certain lectorat.
R.B.H











