Dans une tribune publiée ce samedi 27 janvier 2018, dans le journal Al Maghreb, le porte-parole du Front populaire, Hamma Hammami, est revenu sur la question de l’égalité dans l’héritage.
Commentant les propositions de la commission des libertés qui réfléchirait à des mesures permettant de « donner le choix aux femmes de décider si oui ou non elles demandent un partage à parts égales de l’héritage », Hamma Hammami a estimé que le principe même de l’égalité est ainsi menacé et que si on veut rendre un droit légitime aux femmes il ne faut pas l’échelonner.
Appelant à trancher en légiférant sur la question, il a rappelé les avancées en matière des droit de l’Homme de la Tunisie, toujours en avance sur le monde arabe. « La société tunisienne a aboli l’esclavage en 1846, elle a été la première à supprimer la polygamie et à instaurer l’éducation pour les filles » a souligné Hamma Hammami ajoutant qu’il est temps que la Tunisie se débarrasse de la dernière loi ségrégationniste qui concerne l’héritage.
Le porte-parole du Front populaire a souligné que si les mentalités tardent encore à suivre, il est nécessaire de poser des textes de loi le temps qu’elles évoluent.
Aux questions évidentes sur l’aspect religieux, Hamma Hammami a précisé que la religiosité n’est pas proportionnelle à la maltraitance des femmes, à la polygamie ou aux membres amputés et que l’identité est évolutive et suit son époque.
« Ceux qui prétextent la religion pour refuser l’égalité dans l’héritage ont pourtant accepté l’abolition de l’esclavage, de la polygamie et des mutilations. Ou alors les ont-ils acceptés forcés et contraints et voudraient-t-ils au fond d’eux nous faire revenir à l’obscurantisme » s’est-il interrogé.
Au final Hamma Hammami a estimé que la question de l’égalité dans l’héritage est un test pour les forces politiques et sociales du pays pour vérifier si vraiment elles tiennent aux acquis de la femme tunisienne et les défendent réellement.
« Le temps est venu pour supprimer toute discrimination envers les femmes et d’instaurer une égalité légale entre elles et les hommes. S’arrêter au milieu reviendrait à reculer vers une mentalité rétrograde et dire qu’on va donner le choix c’est que l’Etat va se dérober de sa responsabilité et en faire porter le poids aux familles avec toutes les conflits qui risquent d’en découler… Voulons-nous une société juste, moderne et libérée ou alors une société attardée, rongée par la pauvreté et la misère, la corruption et l’exploitation sous couvert de religion et de traditions ? Telle est la question » a-t-il conclu.
M.B.Z










