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Il faut réformer le régime de retraite, aujourd’hui avant demain !

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     Par Houcine Ben Achour

     

     

    C’est le dossier le plus compliqué politiquement, le plus explosif socialement et le plus important stratégiquement. On parle bien entendu de la réforme du système de retraite. Celle-ci pourrait-elle être mise en œuvre avant 2019 comme le souhaite le Fonds monétaire international (FMI) qui, dans le communiqué de fin de mission  de son équipe chargée de la revue-programme avec les autorités tunisiennes, en avril 2018, a estimé que « le relèvement de l’âge de la retraite et des réformes paramétriques supplémentaires sont essentiel pour contenir les déficits du système de sécurité social » ?

    Rien n’est moins sûr. Car, ce qui s’est passé il y a une dizaine de jours avec la vague de protestation des retraités du secteur public, en raison du retard pris dans le versement de leur pension, constitue un sérieux coup de semonce auquel le gouvernement a répondu en promettant que cette situation ne se reproduirait plus à l’avenir. A la gageure. Il y a bien intérêt, devraient logiquement estimer les partis politiques qui le soutiennent, ne voulant absolument pas mécontenter une catégorie sociale qui représente près de 20% du corps électoral à l’approche d’une échéance aussi importante que les élections législatives et présidentielles de 2019.

     

    En tout cas, ce mouvement des retraités semble avoir réveillé à bon escient des consciences. A cet égard, il n’est pas aberrant de penser que la bronca des retraités ait influé la décision de la direction de l’UGTT de mettre le holà à la grève perlée de l’enseignement secondaire et peut être bien de l’amener à mettre un bémol à la tenue de négociations sur des augmentations de salaires dans le secteur public. Cette manifestation des retraités a, plus que tout autre chose, mis clairement en évidence la réelle situation des finances publiques. Celles-ci sont manifestement préoccupantes. A tel enseigne que non seulement il n’est plus question d’envisager une quelconque augmentation des salaires en 2018, mais qu’il faudrait s’attendre à ce que les salaires des fonctionnaires connaissent, de temps à autre, un retard dans leur versement.

     

    En tout cas, une chose est maintenant indéniable. En l’état, notre système actuel de retraite n’a plus d’avenir. Et la création d’un Fonds de soutien au régime des retraites par la loi de finances 2018 n’est en fait qu’un palliatif  et non la thérapie qui éviterait la métastase des finances publiques du pays. Le déficit du régime des retraites n’est que le symptôme du mal. Et l’enjeu ne se situe pas seulement au niveau des ressources.

    Le mal ne tient pas tant au principe de répartition sur lequel se fonde le régime de retraites que sur la méthode de calcul des pensions.

     

    Une étude menée en 2013 par le Centre de recherches et d’études sociales (Cres) sur le niveau des pensions de retraite dans le secteur public indiquait déjà qu’entre 2002 et 2012, le nombre des retraités du secteur public a augmenté au rythme de plus de 6% alors que le nombre des actifs n’a évolué qu’au rythme de 2,1%. Dans le même temps, la proportion des retraités bénéficiant d’une pension supérieure  à 3 fois le Smig est passée de 25,5%  à 46,6%. Une autre étude du même Cres publiée en octobre 2013 sur les indicateurs de rendement des systèmes de retraite en Tunisie montrait qu’un fonctionnaire ayant accompli une longue bénéficiait d’une pension nette égale variant entre 91% et 97% selon le niveau de son dernier salaire. Il récupère le montant total de ses cotisations au bout 3 années et demie de retraite. C’est ce qu’on appelle le délai de récupération.

    Enfin, compte tenu de son espérance de vie, il gagnerait plus de 9 fois ce qu’il a versé en termes de cotisation, c’est-à-dire un taux de récupération de plus de 900%. Le Cres s’est amusé à évaluer le rendement financier annuel moyen de ses cotisations. Il serait de près de 12%. Lorsqu’on sait que le taux d’intérêt des crédits à la construction accordés par la Cnrps à ses affiliés est de 6,25%, on imagine aisément le dérapage.

     

    Il est clair que la méthode de calcul des pensions mérite largement d’être revisitée.  Le calcul de la pension sur la base des annuités n’est visiblement plus viable. N’est-il pas temps d’établir une nouvelle méthode de calcul dont la base serait le montant des cotisations effectivement acquittées ? Voila la véritable question à laquelle il faut répondre au plus vite, avant que le système ne s’effondre irrémédiablement.

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