Le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi, a prononcé un discours enflammé à l’occasion de la commémoration, ce mardi 17 décembre 2019, de l’avènement de la révolution, à Sidi Bouzid.
« On nous rabat les oreilles avec la constitution, comme quoi nous avons la meilleure constituion au monde mais qu’en est-il des ventres des gens et des vraies priorités du peuple. La justice sociale est nécessaire et elle ne sera obtenue que si on instaure une justice fiscale, le pays est à la croisée des chemins et prend un virage dangereux, tout cela à cause de l’adolescence politique qui veut faire ses expériences au dépens du peuple », a déclaré Nouredine Taboubi, accompagné par le slogan « le peuple en a marre des nouveaux Trabelsi » scandé par une assistance survoltée.
« Des partis financés par les contrebandiers qui parlent de lutte contre la corruption, ça ne passe plus ! Nous sommes visés par des campagnes de diffamation mais nous ne plierons pas et nous leur faisons peur… On parle d’investissement et d’emploi, on annonce des chiffres erronés à des fins électorales car les vrais chiffres sont terrifiants… Je dis à ces nouveaux politiciens de voir ce qui se passe au Liban et en Irak, que la prochaine révolution pourrait ne pas être pacifique et nous ne voulons pas en arriver là. Nous voulons la paix mais il est illogique dans ce contexte social marqué par la pauvreté que nous en soyons encore à attendre la formation d’un gouvernement avec en place une équipe pour expédier les affaires courantes, neuf ministres qui ont quitté leur poste et personne pour prendre des décisions. Nous en sommes encore au point des calculs partisans et des partis qui veulent régler leurs problèmes internes aux dépends des compétences et ne veulent pas dire la vérité aux gens », a poursuivi le secrétaire général de l’UGTT.
« Le parti vainqueur des élections, celui que le peuple a choisi a tenu à désigner le chef du gouvernement mais doit se rappeler qu’il porte aussi la responsabilité de répondre aux aspirations du peuple. Rien qu’à Sidi-Bouzid, ce sont les contrebandiers qui se remplissent le ventre et pas les agriculteurs qui fournissent la moitié des légumes du pays… Deux secteurs sont fondamentaux, la santé et l’éducation et j’appelle toutes nos structures à planifier un jour de colère pour que nous réclamions de savoir où en sont ces secteurs ! », a-t-il ajouté.
M.B.Z










