Le leader de Machrouû Tounes, Mohsen Marzouk, a adressé un message au chef de l’Etat, Kaïs Saïed, dans un post publié ce lundi 6 janvier 2020, sur les réseaux sociaux, l’appelant à agir au vu du contexte international et régional particulièrement mouvementé.
« Les tambours de guerre sonnent en Irak, les tambours de guerre sonnent en Iran, la guerre se poursuit en Syrie, au Yémen et en Libye où la situation dégénére. Les Turcs raménent des milices terroristes de Idleb à Tripoli et vont se contenter de les diriger… Tout cela se passe dans notre région, ce qui se passe en Libye n\’arrive pas dans notre voisinage mais bien chez nous et nous, où sommes-nous ? », a commencé par écrire Mohsen Marzouk.
« Monsieur le président de la République, tout ceci est au cœur de vos prérogatives et je vous invite courtoisement à travailler sur deux fronts. D’abord en interne, à vous adresser au parlement et à obtenir une position confirmant la neutralité de la Tunisie par rapport à la politique des axes et sa volonté de jouer uniquement un rôle de médiation. Ceci aidera notre diplomatie car ce sera une décision souveraine démocratique qui vous protégera et protégera la Tunisie de toute pression. Que ce soit une décision pour annoncer que la Tunisie est un pays de neutralité, de médiation et de travail humanitaire. Sur le plan extérieur, prendre le premier vol pour l\’Algérie ou du moins y aller par la terre ou par la mer. Le président Tebboune est votre frère, appelez le et dites lui que demain ou après demain vous serez chez lui. Erdogan n\’a-t-il pas fait la même chose avec une rugosité pratiquée sur vous et sur nous. Nous coordonnons en tout avec l\’Algérie, l’approche et la protection des frontières. Tout. C\’est ainsi que nous et l\’Algérie nous renforçons mutuellement » a-t-il poursuivi.
Mohsen Marzouk a appelé Kaïs Saïed à s’adresser aux deux parties en conflit en Libye, se distinguant ainsi de la position d’Ennahdha qui n\’est que position idéologique de Frères musulmans. « Il ne faut pas que la Tunisie en paye le prix », a-t-il ajouté.
« Le téléphone est utile. Il faut parler aux dirigeants arabes, européens, russes et chinois. Nous expliquons notre position et nos difficultés et recherchons compréhension et soutien. Nous mandatons des envoyés spéciaux. Comprenons ce qui se passe directement. Nous informons l\’opinion publique de tout cela. Ne paraissons pas isolés et seuls. Nous activons notre accord avec les Etats-Unis et l\’OTAN, notre voisin immédiat, et nous avons le statut d\’un allié majeur. Nous expliquons la situation et demandons ce dont nous avons besoin. Nous mandatons un envoyé spécial au Secrétaire général des Nations-Unies. Nous expliquons les dangereuses conséquences humanitaires attendues pour ne pas les supporter seuls, car nous n\’avons pas les moyens de le faire. Monsieur le président, vous savez mieux que moi que cela nécessite la formation d\’une cellule de crise urgente, dont les membres seront nos compétences diplomatiques nationales, quelles que soient leurs couleurs partisanes. Vous devez agir immédiatement, nous sommes déjà très en retard » a-t-il conclu.

M.B.Z










