Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Youssef Chahed, Habib Jamli et Elyes Fakhfakh

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00

     

    Elyes Fakhfakh succèdera à Youssef Chahed à la Primature. C’est ce que vient de décider hier soir le chef de l’Etat Kaïs Saïed. Du moins, s’il arrive à obtenir la confiance du Parlement.

    Elyes Fakhfakh réussira-t-il là où Habib Jamli aura échoué ? Pour l’instant, rien n’est moins sûr et les derniers événements, notamment la déculottée du gouvernement Jamli devant l’ARP, nous ont prouvé qu’il ne fallait jamais dire jamais.

     

    Kaïs Saïed a trouvé une entourloupe à son poulain. Dans son communiqué publié hier soir, ou plutôt distribué d’abord aux médias, et qui se substitue à une annonce officielle en bonne et due forme, Saïed annonce que le gouvernement Fakhfakh – si gouvernement il y a – ne sera pas celui du président. Il obtiendra sa confiance du Parlement et ce sera aux élus de donner leur dernier mot.

     

    Elyes Fakhfakh mise de son côté sur « le plus large soutien politique possible pour son gouvernement ». Pour l’instant, il n’est soutenu que par les élus d’Attayar et de ceux de Tahya Tounes qui l’ont proposé au poste. Il faudra donc convaincre les autres, ou plutôt compter sur les calculs politiques et marchés de dernière minute pour que le gouvernement passe. Et là, il devra réussir ce que Habib Jamli a échoué à faire.

     

    Avant de passer sur le billard et de faire face à une horde de parlementaires déchaînés et farouches, Elyes Fakhfakh évoque un « gouvernement restreint » et « une équipe harmonieuse et sérieuse qui alliera la compétence, la volonté politique et le respect des fondamentaux nationaux et des objectifs de la révolution ».

     

    Pour l’instant, il devra réussir la mission périlleuse de composer son équipe dans un délai record, sans s’embourber dans des consultations à rallonge, histoire de ne pas refaire ce que Habib Jamli a commis avant lui. Il devra composer une équipe compétente, aux CV convaincants et qui ne contiendra pas une quarantaine de noms, dont peu font référence dans leur domaine. Autrement dit, faire mieux que Habib Jamli ne s’avère pas être très ambitieux. Sur le papier du moins.

     

    Habib Jamli a été sous les feux des projecteurs pendant deux mois et il en est sorti rabougri. Communication désastreuse, gouvernement à rallonge, noms peu convaincants et, pour couronner le tout, un gouvernement humilié, rabaissé et prié de s’en aller par les parlementaires venus le jauger. Elyes Fakhfakh n’aura pas de mal à faire mieux. Plutôt, il a intérêt.

    Mais la confiance devant le Parlement n’est que le début du long chemin qui attend Elyes Fakhfakh. S’il devra, dans un premier temps, faire mieux que Habib Jamli, il a surtout l’obligation face aux Tunisiens de faire mieux que Youssef Chahed.

     

     Le poulain de feu Béji Caïd Essebsi qui, il y a quelques mois déjà, se voyait calife à la place du calife en a déçu plus d’un. Elyes Fakhfakh devra réaliser un meilleur bilan.

    Situation économique désastreuse, crise de confiance monumentale et tiraillements politiques à n’en plus finir. A l’entendre et à regarder son profil, Elyes Fakhfakh est sans doute conscient que l’étape à venir sera économique avant tout et que les compétences primeront. Il ne faut pas être une lumière absolue pour le prédire.

    Il promet, dans son premier discours, prononcé quelques heures à peine après sa désignation, qu’il refuse d’entrer dans les tiraillements politiques et veillera à faire face aux priorités sociales et économiques avec le renforcement des acquis démocratiques. A ce stade, on ne peut que le croire…

     

    S’il a eu du mal à convaincre en tant que candidat à la présidence de la République, avec un score plus que dérisoire, si les idées de son parti n’ont pas réussi à attiser les foules, oubliées par les votants depuis 2013, rien ne présage pour l’instant que l’homme ne sera pas à la hauteur de la tâche. Il devra, dans un premier temps faire mieux que Habib Jamli, mais plus difficile encore, faire mieux que Youssef Chahed. Loin de laisser entendre que ce dernier a réalisé un bilan des plus glorieux, la situation actuelle a cette réputation de broyer les bonnes intentions et d’anéantir les projets les plus ambitieux. Il faudra donc avoir les nerfs solides. Les aura-t-il ?

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *