Le syndicat tunisien des médecins libéraux a rappelé, dans un communiqué publié samedi 21 mars 2020, que le couvre-feu et le confinement généralisé sont « des mesures sanitaires ».
« À ce titre, elles doivent comporter des dérogations pour le personnel soignant et pour les urgences médicales. Le STML considère que soumettre les médecins à une autorisation administrative délivrée par le gouverneur est une procédure lourde et contre-productive. Il regrette que le contact soit rompu avec le ministère de la Santé pour pouvoir organiser et assurer la continuité des soins des patients en secteur libéral et désengorger le secteur public » a précisé le syndicat.
« Les médecins de libre pratique sont pleinement engagés pour la santé des citoyens et restent mobilisés pour faire face aux circonstances actuelles. Beaucoup de médecins libéraux se sont portés volontaires pour se mettre à la disposition des autorités sanitaires dans le cadre de la lutte contre le Coronavirus, nous les invitons à contacter nos sections pour coordonner leur action avec les autorités » a-t-il poursuivi.
Le STML a ensuite tenu à rappeler que les masques du stock de la pharmacie centrale devaient être acheminés dès jeudi dans les CROM et hier dans les différents gouvernorats afin d’être distribués aux médecins libéraux. « Toutefois, les quantités annoncées ne sont pas au rendez-vous » a-t-il relevé.
« Les médecins libéraux dénoncent cette situation qui ne permet pas d’assurer la sécurité des soignants. Les professionnels de santé doivent être protégés, dans leurs cabinets et dans les établissements privés, pour faire face à la situation actuelle. Ils réclament des pouvoirs publics l’instauration d’une politique de transparence totale sur la réalité de l’état du stock de masques de l’État, les prévisions de stocks et les dates précises auxquelles les prochaines distributions pourront avoir lieu. Ils rappellent que si les professionnels de santé sont contaminés, il ne sera plus possible de soigner. Les pouvoirs publics doivent les accompagner et les protéger en les informant en toute transparence et en assurant leur sécurité » conclut le syndicat.
Le syndicat assure que les médecins de libre pratique peuvent continuer à prodiguer leurs soins dans leurs cabinets ou dans les structures sanitaires privées en prenant les précautions suivantes :
– Etre munis de leurs papiers d’identité et de leur carte professionnelle lors de leurs déplacements
– Prendre en charge les urgences et les consultations de patients chroniques indispensables
– Report des consultations et actes techniques non urgents
– Réorganisation des rendez-vous pour n’avoir jamais de 2 ou 3 patients ensemble en salle d’attente avec pas plus d’un accompagnant et distanciation entre patients
– Faire porter un masque chirurgical à tous les patients qui toussent
– Isolation et appel au 190 pour les patients suspects de covid-19
– Port de masque obligatoire pour tous les médecins pendant les consultations ou les actes
– Port d’un masque FFP2 si patient suspect de covid-19 ou se présentant avec toux + fièvre
– Chômage technique pour le personnel non essentiel
– Port d’un masque chirurgical pour les collaborateurs indispensables au fonctionnement du cabinet
« Si vous n’avez pas besoin du matériel de protection nécessaire, si les conditions de sécurité pour votre exercice ne sont pas réunies, ne prenez aucun risque et dirigez vos patients vers les structures sanitaires publiques ou privées pour assurer la continuité des soins » précise le communiqué appelant les médecins à contacter le CROM pour plus d’informations.
D’après communiqué










