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FMI : la crise sanitaire aura un impact sévère sur l’économie tunisienne

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    « La Tunisie va être fortement affectée par la pandémie du Coronavirus. Son impact sur l’économie du pays sera sévère ». Voilà entre autres ce que le Fonds monétaire international (FMI) imagine de la situation économique tunisienne en 2020, dans le rapport publié hier sur la base duquel le Conseil du Fonds a décidé d’un décaissement immédiat de 725 millions de dollars dans le cadre de l’Instrument de financement rapide (IFR). D’ores et déjà, le secteur du tourisme qui contribue à hauteur de 7% du PIB et 60% des recettes d’exportation des secteurs du service et l’activité d’exportation des industries textile-habillement et mécanique et électrique en portent les stigmates.

    Le rapport constate aussi que les entreprises seront confrontées à des problèmes de trésorerie en raison des fermetures temporaires, mais aussi de la baisse de la consommation intérieure et de la demande extérieure. L’équipe du FMI qui a rédigé le rapport observe aussi que « le choc du Covid-19 est intervenu à un moment où la Tunisie était déjà confrontée à des déséquilibres macroéconomiques persistants, malgré les récents progrès dans la mise en œuvre du programme financé par le Mécanisme de crédit élargi ».

    Le rapport prend acte également du fait que « les autorités ont mis en place des mesures urgentes pour contrer l’épidémie. Ces mesures vont augmenter les dépenses du budget de l’Etat de 2,1 milliards de dinars ou 1,8% du PIB ». Dans la foulée, les auteurs du rapport rappellent dans la foulée que le gouvernement a pris des mesures pour limiter les pressions budgétaires et pour réduire les besoins urgents de balance de paiement. Dans ce cadre, ils citent notamment l’ajustement des prix de l’énergie qui s’effectuera dorénavant à un rythme mensuel et non plus trimestriel afin de pouvoir maîtriser le budget de subvention de l’énergie. Ils prennent en exemple les 150 MD d’économie que compte réaliser le gouvernement à travers la décision de stopper les promotions et de réduire drastiquement les heures supplémentaires dans l’administration et la fonction publiques. Parallèlement, la hausse du prix du tabac qui devrait rapporter 200 MD supplémentaires aux caisses de l’Etat. Mais en dépit de cela, « un déficit budgétaire plus important et un besoin supplémentaire de financement ne peuvent être évités », estime l’équipe du FMI estimant le manque à gagner au niveau des ressources propres du budget de l’Etat à 5,2 milliards de dinars compte tenu de trois paramètres que sont la charge financière des mesures d’urgence pour contrer l’épidémie,  la chute prévisible des recettes de TVA et des Droits de douane et la baisse conséquente  des dividendes des entreprises pétrolières liée au contexte mondial de l’énergie.

    De la sorte, le déficit budgétaire sera de l’ordre de 4,3% du PIB en 2020 contre 3,5% en 2019 et 3% prévu par la loi de finances. Ce n’est d’ailleurs pas là la seule prévision avec celle du PIB (-4,3% de croissance en 2020) que fournit le rapport. On est plus dans une revue-programme que dans une simple note de conjoncture. En tout cas, les données ne sont pas réjouissantes. Elles ne sont pas non plus désastreuses.

    Le déficit budgétaire devrait être de l’ordre de 4,3% du PIB contre 3,5% en 2019 et 3% prévu par la loi de finances 2020. L’encours de la dette va faire un bond à 88% du PIB contre seulement 72,3% en 2019.  Sur un autre plan, l’épargne nationale ne devrait croître que de 3,1% en 2020 contre 10,1% en 2019 et 11,1% prévu pour 2020 par le budget économique. L’investissement évoluera au rythme de 10,6% contre 18,9% en 2019.

    Il y a toutefois quelques bémols. Ainsi, le déficit de la balance des paiements courant ne devrait pas dépassé 7,5% du PIB contre 8,8% enregistrés en 2019 et 8% estimés initialement pour 2020 par le budget économique. D’autre part, les réserves en devise du pays atteindraient l’équivalent de 4 mois d’importation, selon le rapport du FMI. Quant à l’inflation, l’équipe du FMI estime qu’elle attendrait 6,2% contre 6,7% en 2019.

    Au niveau de l’activité économique, le FMI prévoit un recul quasi-général au niveau sectoriel. Le secteur des services va enregistrer une baisse de valeur ajoutée de 3,6% et les industries manufacturières de 0,9% et une stagnation de la valeur ajoutée des industries non-manufacturières. Seul le secteur de l’agriculture tirerait son épingle du jeu avec une croissance de sa valeur ajoutée de 0,3% prévue en 2020.

    D’autre part, le rapport indique que la consommation globale devrait augmenter de 1,5% en 2020. Mais que l’investissement sera en net recul (-10,8%).  Quant aux échanges extérieurs de biens, le FMI estime que les exportations à prix constants vont afficher un nouveau recul de 14,2% en 2020 après les -5,1% enregistrés en 2019, tandis que les importations seraient en recul de 21,6% par rapport à 2019.

     

    Le dernier bilan publié par le ministère de la Santé en date du 14 avril 2020, fait état de 21 nouveaux cas enregistrés faisant grimper le bilan national à 747 cas confirmés sur un total de 12.415 prélèvements. Le nombre de décès s’élève à 34 personnes.

    La Tunisie est en confinement général depuis le 22 mars 2020.

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    H.B.A.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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