Le Parquet a invoqué l’article 6 de la Constitution tunisienne dans l’affaire de la jeune internaute Emna Chargui accusée d’offense au Coran, a annoncé l’avocate de la défense, Me Ines Trabelsi, mercredi 6 mai 2020.
Intervenue dans l’émission 90 minutes sur IFM, Me Trabelsi a dénoncé un vice de forme expliquant qu’on ne peut convoquer un citoyen sur la base des textes constitutionnels, devenus dans ce cas incriminants.
Selon l\’article 6 de la Constitution tunisienne, « L’État protège la religion, garantit la liberté de croyance, de conscience et de l’exercice des cultes. Il assure la neutralité des mosquées et des lieux de culte de l’exploitation partisane.
L’État s’engage à diffuser les valeurs de modération et de tolérance et à protéger le sacré et empêcher qu’on y porte atteinte. Il s’engage également à prohiber et empêcher les accusations d’apostasie, ainsi que l’incitation à la haine et à la violence et à les juguler ».
Me Trabelsi a signalé d’autres infractions durant l’interrogatoire de sa cliente. Elle a indiqué que la prévenue avait été audtionnée par sept représentants du ministère Public, en même temps. « On nous a également interdit d\’assister à l\’audition » , a-t-elle fait savoir.
L’avocate de la défense a, par ailleurs, expliqué que sa cliente n’avait pas rédigé la sourate détournée, objet d’une large polémique sur les réseaux sociaux. « Emna Chargui n’a fait qu’une mise en page sous la forme d’une sourate coranique d\’un post existant sur Facebook pour ensuite le repartager ». La prévenue a été maintenue en état de liberté.
L’avocate de la jeune fille a précisé que le ministère public a décidé de la déférer devant la chambre correctionnelle près du Tribunal de première instance de Tunis, le 28 mai 2020 à 9h du matin.
N.J










