La marque d\’hygiène féminine Nana a diffusé le 9 juin une publication prônant la multiethnicité. Surfant sur la vague de la fraternité et du multiculturalisme , la marque a voulu diffuser le message à la mode d’un produit destiné à « toutes » les femmes ».
Un message qui a fait réagir de nombreux internautes déplorant le fait que la marque affirme représenter toutes les femmes mais affiche une caucasienne maquillée en blanc et en noir. Sur l’affiche, on voit un mannequin, une brune aux yeux bleus et à la peau claire, dont le visage arbore différentes couleurs de peau, de la plus claire à la plus foncée. En plus d’être indéchiffrable au premier abord, l’affiche a été jugée particulièrement raciste.
Les internautes ont comparé cette campagne au « blackface », une forme théâtrale américaine de maquillage pratiquée dans les minstrel shows, où un comédien blanc incarne une caricature stéréotypée d’une personne noire. Pratique abandonnée à partir des années 1960 suite au mouvement afro-américain des droits civiques.

Nana n’est pas la seule marque à vouloir porter ce message. La vague a été notamment lancée par la marque italienne Benetton qui, dans les années 90, a fait fureur avec ses campagnes toutes en couleurs s’appropriant avant tout le monde le territoire de la multiracialité. Les campagnes de Benetton ne montraient pas des visages teints mais des vraies personnes représentant « toutes les couleurs du monde ».
Une autre marque féminine a aussi récemment défié les standards désuets de la publicité, qui montre une image stéréotypée d’une femme « idéale », des clichés qui ne font en somme qu’imposer aux femmes des diktats de beauté frustrants et surtout aberrants. La marque de produits d\’hygiène et cosmétiques Dove a lancé en 2005 sa campagne « pour toutes les beautés » et présenté ses nouvelles ambassadrices, des femmes d’ethnies différentes montrées dans toute leur singularité, le corps non retouché, des femmes auxquelles peuvent s’identifier toutes les autres. Depuis lors la marque continue de militer pour la beauté plurielle et la tendance s’est propagée. De nombreuses autres marques l\’ont d\’ailleurs suivie dont Nana.

La publicité a été d\’ailleurs jugée raciste par l\’Association tunisienne de soutien aux minorités (ATSM). Yamina Thabet, présidente de l\’association a écrit sur sa page Facebook : « Ceci est du racisme […] Il existe, à ma connaissance, assez de femmes noires pour que nous n\’ayons pas recours à des artifices et des effets afin d\’en mimer une ».
Réagissant à ces critiques, Nana Tunisie a publié une affiche réunissant différentes femmes tunisiennes et qu’elle commente en se disant responsable et engagée, refusant toute forme de racisme et soutenant la femme tunisienne dans tous ses combats.
M.B.Z










