L’ancien président de l’Assemblée nationale constituante (ANC) Mustapha Ben Jaâfar, qui s’est fait discret sur la scène politique nationale ces derniers temps, a préféré sortir de son silence et adresser un message à l’ensemble de la classe politique tunisienne et en particulier au chef de l’Etat Kaïs Saïed.
Tout en appelant Kaïs Saïed à réunir les adversaires politiques autour d’un dialogue de réconciliation nationale, il affirme que le climat actuel lui rappelle la crise de 2013, engendrée par des assassinats politiques. « Cette crise aurait pu nous faire perdre tout ce que nous avons accompli et faire basculer le pays dans une guerre civile ».
Dans une vidéo publiée sur sa page Facebook en ce samedi 13 juin 2020, Mustapha Ben Jaâfar a qualifié la situation actuelle de « préoccupante » affirmant qu’il est « de [son] devoir d’alerter le peuple tunisien et les dirigeants politiques ». « Je ne peux pas voir le danger se profiler et rester les bras croisés », a-t-il dit lançant un appel au chef de l’Etat Kaïs Saïed.
« Kaïs Saïed, président de tous les Tunisiens, et arbitre selon le texte et l’essence même de la Constitution et grâce à la légitimité conférée par les urnes, est le plus apte aujourd’hui à présenter des solutions et à rassembler les adversaires politiques autour d’un dialogue national à même de réaliser une véritable réconciliation », a-t-il dit, ajoutant que « la Tunisie a aujourd’hui besoin d’une réelle réconciliation, d’une paix, d’une sécurité et d’un climat propice au dialogue et au travail » et lançant un appel à l’union de toutes les forces politiques. « Qu’attendons-nous pour sortir de l’hystérie ? D’autres assassinats politiques ? ».
« Ce que nous observons aujourd’hui, de querelles politiques, de divisions, de discours de haine, d’exclusion et de dégradation de valeurs, constitue une menace réelle à la sécurité nationale », a dénoncé Mustapha Ben Jaâfar rappelant les tensions de 2013 qui ont suivi les assassinats politiques de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi.
« Si nous continuons sur le même chemin, ceci pourrait constituer une véritable catastrophe pour le peuple et les citoyens », a-t-il alerté.
Le 18 mai dernier, le président du parti Machrouû Tounes, Mohsen Marzouk, avait qualifié le système politique en place de « charogne » et a appelé à une troisième République, lors de son intervention dans Midi Show sur les ondes de Mosaïque FM.
Le président de Machrouû Tounes a ajouté que la solution serait de lancer un dialogue national pour, à la fois, résoudre le problème du système politique et électoral, celui du contrat social et discuter de l’après coronavirus.
R.B.H










