La vice-présidente de l’Assemblée des représentants du peuple Samira Chaouachi semble décidée à appliquer à merveille la devise des Trois singes de la Sagesse consistant à ne rien voir, ne rien entendre et ne rien dire. C’est ce qu’on conclut quand on voit sa piètre prestation hier, mercredi, après que le député El Karama, Seïf Eddine Makhlouf ait exposé la photo du président égyptien déchu Mohamed Morsi. Le député a cherché à provoquer les anti-intégristes de l’assemblée en brandissant cette photo et ce en réponse à la photo de l’ancien président Habib Bourguiba exposée devant les députés du PDL. Ces derniers ont réagi immédiatement à la provocation en rappelant qu’on ne peut pas mettre la photo d’un président d’un autre pays, qu’on ne peut pas mettre la photo d’un intégriste notoire et qu’il s’agit là d’une traitrise. En chœur, ils ont commencé à crier « parlement tunisien, parlement tunisien », jusqu’à ce que le député de Qalb Tounes (même parti que Samira Chaouachi) Oussama Khelifi demande et obtienne la parole (le seul d’ailleurs) pour faire arrêter la séance. Abir Moussi, présidente du PDL a interpellé à plusieurs reprises Mme Chaouachi pour mettre fin à la provocation, en lui disant à plusieurs reprises « c’est normal chez vous ? », mais sans résultat.
Pourtant, la même Samira Chaouachi a su par le passé faire arrêter la même Abir Moussi quand elle perturbait la séance.
Plus tard, et après la suspension de séance, la députée Nesrine Laâmari a demandé la parole pour relater l’agression verbale et la menace d’agression physique dont elle a été victime de la part du député El Karama, Mohamed Affes. Samira Chaouachi lui a donné la parole une seconde avant de lui couper le micro, juste parce qu’elle croyait qu’elle allait revenir sur le sujet de la photo de Morsi. Il a fallu que Mme Laâmari crie très fort pour se faire entendre avant que Mme Chaouachi daigne lui redonner la parole.
Comment expliquer que Samira Chaouachi accepte sans broncher les provocations et les dépassements des députés islamistes et intégristes et agit, à l’exact contraire, quand il s’agit de députés proches de la mouvance laïque ou destourienne ?
Pourtant, le règlement intérieur lui permet de faire arrêter de suite la provocation d’El Karama et ce en appliquant l’article 131 du règlement intérieur relatif au maintien de l’ordre. Elle pouvait même appliquer l’article 132 ordonnant l’exclusion de toute personne qui perturbe la séance. Il a fallu qu’Oussama Khelifi lui demande la suspension de séance (autorisée par l’article 133) pour qu’elle agisse enfin !
R.B.H.










