La chaîne qatarie Al Jazeera diffuse souvent les positions d\’activistes politiques tunisiens dans une émission traitant des réseaux sociaux et de l\’actualité des pays arabes.
Il y a environ une semaine, la chaîne a utilisé le profil Tweeter d’une certaine « Amel Zarrouk » pour exprimer la position de l\’opinion publique tunisienne sur la désignation de Hichem Mechichi, chargé par le président de la République de former le nouveau gouvernement. La supposée dénommée « Amel Zarrouk » condamne le fait que le chef de l\’Etat ait choisi de ne pas prendre en considération les propositions du parti « de la majorité ».

Hier soir, 27 juillet 2020, une bloggeuse tunisienne a réalisé que sa photo avait été volée, pour découvrir que son visage apparaissait sur une fausse page intitulée «Amal Zarrouk» se prétendant militante tunisienne et professeure en droit. Elle a reçu des tags sur les réseaux sociaux, qui, se basant sur un algorithme de reconnaissance faciale, lui ont notifié que sa photo était utilisée sur d\’autres pages, en l\’occurence celle citée par Al Jazeera.


En regardant de plus près, on se rend compte que le profil en question a été créé il y a à peine une dizaine de jours et qu’il est déjà étrangement suivi par 23k abonnés. Cet exploit et la gestion de ce nombre très important d\’abonnés, nécessitent systématiquement le recours à une agence spécialisée, rappelons-le. Parmi les followers se trouvent aussi des personnalités politiques, Rafik Abdessalem notamment ou des hommes de médias à l’instar de Moôtaz Matar ou Fayçal Kacem.
La page en question est très active et on peut très vite deviner qu’elle a été créée pour publier des positions hostiles au président de la République, Kaïs Saïed, et d’autres en faveur de l\’axe turco-qatari, du mouvement islamiste Ennahdha et de la coalition Al Karama. Les posts sont une invitation à répandre la haine, la violence et la discrimination.
Bien que cette personne n’existe pas, qu’il s’agit clairement d’un faux profil, Al Jazeera n’a pas hésité à le citer en tant que source exprimant une position tunisienne. Ce profil et son contenu ont sans doute été créés à des fins politiques pour appeler à la rébellion contre le chef de l\’Etat et servir les intérêts des islamistes. Ces méthodes ne leur sont d’ailleurs pas du tout étrangères.
Il est à noter que le président tunisien s’est attiré les foudres de la chaîne d’information qatarie Al Jazeera pour avoir fait fi de la proposition d\’Ennahdha et opté pour une nomination sans calculs partisans.
Les deux présentateurs Ahmed Mansoor et Faisal Al-Kasim, se sont exprimés, sur Twitter, sur le choix de Kaïs Saïed, un président qui, selon nos amis d’Al-Jazeera, « ne sait rien faire sauf parler l’arabe littéraire ».
« Quand tu votes pour un président qui ne sait rien faire sauf parler l’arabe littéraire, tu ne peux que collecter de belles paroles », a écrit Faisal Al-Kasim.
Ahmed Mansoor a retweeté la publication de son collègue et a surenchéri : « Le peuple tunisien subit choc après choc de la part du Président Kaïs Saïed, comme si choisir un président dont tu ne sais rien sauf qu’il parle arabe et ornemente ses mots pour réaliser tes ambitions, ne suffisait pas. (Recep Tayyip) Erdogan parle turc et Mahatir (Mohamed) le malais, mais ils ont su faire renaître leurs nations et réaliser les souhaits et ambitions de leurs peuples. Faut-il s’attendre à d’autres chocs ? ».
Kaïs Saïed a, rappelons-le, laissé de côté les candidats proposés par les blocs et partis politiques pour assigner à Hichem Mechichi la mission de former un nouveau gouvernement après la démission d’Elyes Fakhfakh.
M.B.Z










