Le bureau du Fonds mondial pour la nature (WWF) en Afrique du Nord a exprimé dans un communiqué publié mardi 25 août 2020, son refus catégorique de l’arrêté signé par le ministre de l’Industrie et des PME et le ministre du Commerce et publié dans le journal officiel de la République Tunisienne le 14 août 2020, autorisant désormais l’emballage du ciment dans des sacs en plastique.
Le bureau considére que cet arrêté « légitime la pollution », appelant les deux ministères à l’annuler. « Cet arrêté permet d’apporter une légitimité à la pollution et aux problèmes environnementaux subis par la Tunisie », lit-on dans le communiqué.
Il a, dans ce sens, souligné que cette décision était contraire aux dispositions législatives et à l’article 45 de la Constitution, qui dispose que « l\’Etat garantit le droit à un environnement sain et équilibré et la participation à la sécurité du climat. L\’Etat se doit de fournir les moyens nécessaires à l\’élimination de la pollution environnementale ».
« L’arrêté s’oppose également à la stratégie de l’État visant à limiter la pollution causée par les plastiques, à optimiser la gestion des déchets dangereux et à remplacer les emballages plastiques par ceux respectueux de l\’environnement », a-t-il encore ajouté.
Le bureau du fonds mondial pour la nature a également souligné que ledit arrêté allait modifier l’image de la Tunisie au niveau international et régional en tant que pays qui œuvre pour lutter contre la pollution de l’environnement.
« La Tunisie est le treizième producteur de produits en plastique dans la zone méditerranéenne. Environ un milliard de sacs en plastique sont consommés chaque année en Tunisie Environ 80 % de ces sacs ne sont pas collectés ou recyclés. L’utilisation du plastique pour emballer le ciment engendrera au moins 250 millions de nouveaux sacs en plastique chaque année. Or, la Tunisie n’est pas encore prête à les collecter et les gérer. Ce qui aura donc des répercussions sur l’environnement et la santé du citoyen tunisien », indique le communiqué.
Par ailleurs, l’organisation a ajouté que l’économie tunisienne perd environ 60 millions de dinars par an en raison de la pollution par le plastique, compte tenu de l’impact du plastique sur de nombreux secteurs tels que le tourisme et la pêche maritime.
I.M










