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Nabil Karoui fustige Kaïs Saïed

 

Le président du parti Qalb Tounes, Nabil Karoui a accordé une interview spéciale, ce dimanche 25 octobre 2020, à la chaine Al Araby pour aborder plusieurs dossiers, entre autres, ses rapports avec le président de la République, avec les autres partis politiques et sa position par rapport au gouvernement Mechichi.

 

Dans un premier temps, Nabil Karoui a indiqué que le président de la République, conformément aux dispositions de la Constitution, n’a pas beaucoup de prérogatives. « Un président de la République doit être fédérateur et rassembleur, comme le fût Béji Caïd Essebsi. Or ce n’est pas le cas de Kaïs Saïed. Il refuse le dialogue et les concertations avec les partis politiques. Je me demande comment vont se passer les quatre prochaines années ». Et d’ajouter, « Kaïs Saïed n’a pas menti à ses électeurs. Dès le départ, il a affirmé ne pas avoir de programme. Aujourd’hui, il n’a aucun programme. Cela n’est pas possible quand on est à la tête de l’Etat ».

 

Concernant ses rapports et l’alliance de son parti avec le mouvement Ennahdha, Nabil Karoui a affirmé que la cohabitation et l’approche consensuelle est une réalité et une évidence imposée par le régime politique actuel, et le fruit du système électoral qui ne permet à aucun parti d’obtenir une majorité confortable lui permettant de gouverner. « Il est possible que la popularité de notre parti prenne un coup, mais il est nécessaire de faire primer l’intérêt du pays. La priorité de ce quinquennat est d’assurer la transition économique et sociale. La politique nous en avons assez fait et nous ne pensons pas aux prochaines élections, comme c’est le cas par exemple de Abir Moussi ».

 

Nabil Karoui a estimé qu’il est nécessaire de réviser le code électoral, notamment, le point concernant le seuil. « Ce seuil a permis à des micro partis d’obtenir des sièges au Parlement avec les restes et un nombre voix ne dépassant les 1200. Ils sont représentés de la même manière qu’un parti ayant récolté 25000 voix : ce n’est pas logique ». Il a, également, affirmé qu’il est tout aussi nécessaire d’accélérer la mise en place de la Cour Constitutionnelle.

 

Revenant sur la proposition d’amendement du décret 116, le président de Qalb Tounes et ancien patron de la chaîne Nessma, a assuré être en faveur de cette proposition, soulignant que l’actuelle Haica est une instance provisoire n’ayant plus lieu d’être depuis le mois de mai 2019. « Les membres de la Haica veulent être maintenus pour profiter de tous les avantages financiers qu’ils ont et du pouvoir qui leur est attribué. Leur mission est de réglementer le secteur et de garantir sa liberté et son indépendance et non de s’ingérer dans le contenu et mettre en place des cahiers de charges impossible à satisfaire. Le but étant de garder une mainmise sur le secteur. Il est temps de changer cette instance et de libérer le secteur audiovisuel de son hégémonie ».

 

Quant à sa position du gouvernement Mechichi, Nabil Karoui a indiqué qu’il est impossible de désigner un chef de gouvernement sans soutien politique tenant compte des contraintes du régime politique tunisien. « Nous avions un avis défavorable par rapport à la personne, mais nous avons changé d’idée. Nous nous sommes rendus compte de ses bonnes intentions et de sa disposition à servir la Tunisie », assure-t-il, soulignant tout de même qu’au départ, le gouvernement Mechichi a été formé à Carthage par l’entourage du président de la République. « Hichem Mechichi ne connaissait pas un grand nombre des ministres désignés. Puis au dernier moment, il a été lâché par la présidence de la République qui a voulu activer l’article 100 de la Constitution. Ainsi garder le gouvernement Fakhfakh sans qu’il soit à sa tête pour vacance permanente. Pour cela, il fallait mettre en prison Elyes Fakhfakh. Tout un scénario se tramait sans tenir compte de l’intérêt du pays et nous avons vu les résultats d’une année sans véritable gouvernement. Nous ne pouvions pas permettre un prolongement du vide ».

 

Interrogé à propos de sa position de la question de la normalisation, Nabil Karoui a expliqué : « Il y a des gens qui ont fait de la cause palestinienne leur slogan. Le jour où ils ont été interrogés sur la question, ils ont affirmé qu’ils ne s’ingèrent pas dans les affaires internes des Etats. Personnellement, j’étais clair dès le départ : on n’est pas plus royaliste que le Roi, et pour cela il faut suivre la position des palestiniens eux-mêmes, qui traitent et négocient avec Israël ».

 

S.H

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