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L’effet papillon

Selon l’effet papillon, essence de la théorie du chaos, le battement des ailes d’un papillon dans un coin du monde peut provoquer un ouragan à l’autre bout de la planète.

Tout comme les battements des ailes d’un papillon dans le monde musulman peut provoquer, à Nice, un attentat terroriste ôtant la vie à trois personnes. Un crime qui n’aura pour effet qu’une aversion encore plus grande contre les musulmans et les arabes qui seront, dans le reste du pays et par extension dans le reste de l’Europe, jetés en pâture aux discours les plus discriminatoires, fruit de tous les amalgames.

Tout comme des années de marginalisation et de manque de considération manifestées à son peuple peut amener un gouvernement post-révolutionnaire, issu d’élections démocratiques, à montrer tellement peu de respect à ses citoyens qu’il leur annonce des mesures impactant le cours de leurs vies, à 2h du matin, et via un laconique communiqué Facebook…plusieurs fois modifié par la suite. 

Autant de manifestations d’un effet papillon pouvant conduire – ou conduisant déjà – à un chaos inéluctable.

 

Aujourd’hui est jour de fête pour les Musulmans. La fête du Mouled est célébrée, habituellement dans une ambiance festive, dans une partie du monde arabo-musulman. Aujourd’hui est aussi veille de Toussaint pour le monde chrétien. Pourtant, dans une partie du monde, le cœur n’est pas à la fête.

Trois personnes ont été tuées ce matin à Nice par un extrémiste prononçant un peu interprétable Allah Akbar.

Il y a à peine 15 jours, Samuel Paty, un professeur d’histoire-géo a été tué, décapité aux Yvelines par un autre extrémiste. Un meurtre abominable qui a créé un véritable effet boule de neige en France.

Un effet boule de neige qui a généré l’agression d’un vigile français en Arabie Saoudite par un citoyen saoudien en colère.

 

Les dirigeants français parlent d’ « attaque islamiste », pour faire un raccourci avec « terroriste » ou « extrémiste ». Ils expriment leur attachement indéfectible à la liberté d’expression et au droit au blasphème en France. Des manifestations éclatent dans un monde musulman dénonçant l’offense faite au prophète Mohamed et appelant à boycotter tout ce qui a trait à la France.  Des manifestations qui ont duré des jours et qui n’ont fait que nourrir un sentiment de haine déjà existante. Une haine qui n’est certainement pas étrangère à l’attentat de Nice ce matin.

 

La haine est dans l’air du temps. C’est le grand sentiment de notre époque, c’est notre locomotive. D’un point de vue philosophique, elle est aussi bien une cause qu’un effet. Nous agissons par haine…avec beaucoup de haine.

Nous nous haïssons les uns les autres et nous nous nourrissons de cette même haine. Nous haïssons ceux qui ne nous respectent pas, mais nous nous réservons aussi le droit de ne pas les respecter.

Nous n’essayons même pas de comprendre que ce qui est « sacré » pour les uns peut n’avoir aucun sens pour les autres. En réalité, « le droit au blasphème » et « l’atteinte au sacré » sont des notions qui n’ont réellement aucun sens. Ce qui est Sacré pour ceux qui y croient n’a pas du tout le même sens que pour ceux qui ne partagent pas ces croyances, qui en ont d’autres ou qui n’en ont pas, tout simplement. Une caricature peut être plus sacrée que l’idée d’un prophète, tout dépend de celui qui y croit. Plus sacré encore ? La vie humaine…

Tout comme le blasphème n’a aucun sens pour ceux qui estiment qu’il n’y a rien de sacré dans une idée, une personne ou une idéologie et que le blasphème n’a aucune existence. Si les musulmans sont suffisamment hypocrites pour condamner un attentat tout en affirmant – même à demi-mots – que les auteurs de « blasphème » l’ont quand même un peu cherché, les Français le sont tout autant lorsqu’ils défendent la liberté d’expression mais appellent à l’arrêt de tout boycott contre leur pays. Deux droits, pourtant, parfaitement pacifiques. Ils le sont aussi lorsqu’ils font l’amalgame entre terrorisme et islamisme, nourrissant la haine et les sentiments de colère, et de rejet de l’autre, au sein d’un même pays, d’un même monde.

 

Sont hypocrites aussi ceux qui haïssent les Français lorsqu’ils s’offrent le droit au blasphème mais les jalousent lorsque leur chef de l’Etat montre toute la considération nécessaire à ses concitoyens pour leur donner un rendez-vous filmé et respecté et leur explique le détail des mesures qui engageront leurs vies pour les semaines à venir, tout en employant le langage nécessaire pour les rassurer et les alerter. Le communiqué-surprise de la présidence du gouvernement, publié au petit matin sans aucun ménagement – n’est-il pas lui aussi blasphématoire ? Uniquement pour ceux qui y croient…

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