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Où est le vaccin ? Quel vaccin ?

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    En décidant quatre jours de confinement généralisé alors que la Commission nationale de lutte contre l’épidémie du Covid-19 a pourtant préconisé un confinement de deux semaines afin de freiner la propagation du virus qui a pris ces derniers jours des proportions alarmantes, Hichem Mechichi a pris un énorme pari tant la décision semble hasardeuse. Car, si le choix débouche sur un échec, c’est sa crédibilité qui en prendrait un sérieux coup, si elle ne constituerait pas un coup fatal dans la mesure où elle mettrait à nu toutes les carences du gouvernement dans sa gestion de lutte contre l’épidémie et, par-delà,  sèmerait  le doute sur ses capacités à sortir le pays des tréfonds de la crise socioéconomique dans lesquels il a sombré ces dernières années.  

     

    Mercredi, à la veille d’un confinement qui visait essentiellement à éviter les cohues et autres mêlées, principaux facteurs de propagation du virus, les regroupements se sont amplifiés devant les guichets des banques, des bureaux de poste, de la Cnss, de la Cnam, de la Sonede, de la Steg, de l’état civil des municipalités et bien d’autres encore. A cela est venue s’ajouter la ruée sur les supermarchés, les gares ferroviaires et routières, les stations de louages, de bus et de métro. Bref, on a démultiplié le potentiel de propagation de l’épidémie rendant par là-même un peu illusoire l’objectif de réduire sa diffusion et de prémunir les structures hospitalières du pays de tout débordement de capacité.

    Faudra-t-il attendre lundi 18 janvier pour constater ce qui intuitivement s’annonce d’ores et déjà comme un échec ?

     

    Depuis sa prise de fonction, voila déjà quatre mois, le gouvernement Mechichi n’a fait le choix que de ménager la chèvre et le chou, gérant les dossiers au petit-bonheur-la-chance quand ce n’est pas au gré des pressions, au jour le jour, sans méthode, ni vision et une volonté d’anticipation quasi-absente, à tout le moins, loin, très loin d’être efficace. Exemple : le ministère de la Santé vient de publier un communiqué indiquant que, après examen et étude, il a autorisé la mise sur le marché du vaccin anti-Covid des laboratoires Pfizer-BioNtech et que la Tunisie est le premier africain à avoir finalisé une telle procédure. En quoi cela va-t-il rassurer le Tunisien alors que la livraison de ce vaccin n’est prévue au plus tôt qu’à partir du second trimestre 2021et que l’opinion publique est dans la totale ignorance sur les prédispositions logistiques du pays à organiser une campagne de vaccination d’une telle envergure, d’autant que le vaccin des laboratoires Pfizer-BioNtech exige des conditions d’acheminement et de stockage particulièrement contraignantes.

     

    Afin de remédier à ce retard, le gouvernement n’a rien trouvé de mieux que faire comme la fourmi de la fable de La Fontaine allant crier « vaccine » chez la fourmi sa voisine, « je vous paierai, lui dit-elle, intérêt et principal ». Heureusement que la fourmi algérienne a eu la décence de le lui promettre. Sauf que le vaccin n’est pas celui de Pfizer-BioNtech, mais Spoutnik, un vaccin concocté par des laboratoires russes, pour lequel aucune autorisation de mise sur le marché n’a été sollicitée. On n’est pas à une errance près, direz-vous. Il est vrai que les errements du gouvernement ont été nombreux. Ceux ayant jalonné l’adoption des projets de loi de finances complémentaires 2020 et loi de finances 2021 en constituent un exemple édifiant.

     

    Cela étant, on peut se demander dans ces conditions par quels arguments et quels moyens ce gouvernement va-t-il convaincre les bailleurs de fonds traditionnels à soutenir financièrement le pays. A commencer par le FMI. Et ce n’est pas la promesse d’une « mise en place d’un programme de réformes économiques conforme à la vision du gouvernement et ses priorités et adapté aux capacités financières actuelles du pays », tel que l’indique le communiqué publié par la présidence du Gouvernement à l’issue d’une visioconférence avec le Fonds qui convaincra les dirigeants de l’institution financière multilatérale de la bonne foi des autorités du pays.     

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