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Lettres empoisonnées en Tunisie : ce n’est pas une première

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    Plusieurs voix se sont élevées ces dernières heures pour mettre en doute l’histoire de l’enveloppe suspecte reçue par la présidence, notamment parmi les dirigeants du parti Al Karama.

    Il manque à ces voix une certaine culture de la chose publique, de ce qui se passe en Tunisie en matière de lutte contre la criminalité et le terrorisme et de ce qui se passe dans le monde.

    Des lettres empoisonnées envoyées aux personnalités publiques et aux présidents de la République, cela n’a rien d’une première et cela s’est déjà vu en Tunisie et à l’étranger.

    En 2001, aux Etats-Unis, des lettres empoisonnées ont été envoyées dans de nombreuses hautes instances de l’Etat américain : le Parlement, les ministères, les services d\’espionnage, la Cour suprême et la Maison blanche. Ces lettres contiennent une poudre capable de transmettre une maladie, l\’anthrax, appelée aussi maladie du charbon.

    En septembre 2020, une franco-canadienne de 53 ans a envoyé à Donald Trump une série de lettres contenant de la poudre de ricine.

     

    En Tunisie, on a également des précédents. Des courriers piégés ont été envoyés par la poste dans les années 80. A l’époque, on a accusé les islamistes d’être à l’origine de ces courriers. La télévision, à l’époque, a diffusé les images de postiers victimes de ces courriers piégés.

    Plus proche de nous, en 2019, des personnalités tunisiennes ont été les destinataires de courriers empoisonnés.

    Le ministère de l’Intérieur a indiqué dans un communiqué rendu public, le jeudi 28 février 2019, que les services de la Direction générale de la sûreté nationale en collaboration avec le ministère public près du pôle judiciaire antiterroriste sont parvenus à saisir 19 courriers contenant des produits toxiques. Le ministère de l’Intérieur a précisé qu’il s’agit d’une opération sécuritaire anticipative après avoir obtenu des informations selon lesquelles un groupe terroriste planifiait d’attaquer certaines personnalités publiques.

    D’après des informations obtenues par Business News à l’époque, parmi les personnalités publiques ciblées figurent plusieurs journalistes et chroniqueurs des chaînes TV Attessia et El Hiwar Ettounsi, ainsi que de la radio Shems FM, à savoir Mohamed Boughalleb, Naoufel Ouertani, Hamza Belloumi, Maya Ksouri, Lotfi Laâmari et Mokhtar Khalfaoui ou encore le président du Syndicat national des journalistes, Néji Bghouri. On retrouve également la magistrate Raoudha Laâbidi, ainsi que les syndicalistes Noureddine Taboubi, Bouali Mbarki et Sami Tahri.

    Les colis envoyés ont usurpé l’identité du syndicaliste sécuritaire Tarek Riahi en qualité d’expéditeur.

    Business News a évoqué dans le détail dans une analyse publiée à l’époque.

     

    Au vu de tout cela, on s’interroge maintenant comme le courrier suspect reçu par la présidence a été ouvert par Nadia Akacha, cheffe du cabinet du président de la République ?

    Jusqu’à l’ère de Béji Caïd Essebsi, le courrier était ouvert par deux agents de la garde présidentielle, indique un ancien attaché à la présidence. Le courrier, une fois ouvert, était envoyé aux intéressés parmi les membres du cabinet et un nombre infime était reçu par le président de la République. En tout état de cause, le chef de cabinet n’ouvre jamais le courrier et encore moins le président de la République. La réception du courrier est une affaire sécuritaire avant tout.

    Qu’est-ce qui a changé au palais de Carthage pour que le courrier soit désormais ouvert par la cheffe de cabinet au risque de se trouver face à une lettre empoisonnée ? Mystère !

     

    R.B.H


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