L’indice de synthèse sur le climat des affaires et la compétitivité des entreprises a reculé considérablement passant de 58 points en 2019 à 48 points en 2020, traduisant des conditions exceptionnelles après pandémie mais aussi les difficultés économiques structurelles. C’est ce qu’a affirmé, jeudi 30 décembre 2021, le DG de l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ), Lotfi Fradi, en présentant les résultats de la 21ème enquête annuelle sur le climat des affaires et la compétitivité des entreprises réalisée par l’ITCEQ.
Au micro de Wassim Ben Larbi lors de son émission Expresso sur Express FM, M. Fradi a spécifié que l’enquête a été réalisée au premier trimestre 2021 sur deux échantillons d’entreprises privées : 1.726 entreprises sur le climat des affaires et 1.350 entreprises sur les stratégies compétitives.
L’évaluation a concerné douze critères.
S’agissant du recul de l’indice de synthèse, Lotfi Fradi a estimé que « ce chiffre traduit une non-satisfaction, la nécessité d’entamer des réformes, la mise en place d’un climat d’affaires incitant à l’initiative ». Il a noté que seuls les indices de deux critères sur les douze sont restés stables : les ressources humaines et le système judiciaire.
Et de souligner que le critère qui a le plus reculé est celui du climat politique : 70% des entreprises interrogées ayant estimé que le climat politique est un grave handicap pour le climat des affaires en Tunisie, suivi par la corruption à hauteur de 69% : les entreprises ayant dénoncé dans ce cadre la complexité des procédures administratives, la peur du rejet de la demande, une volonté d’accélérer les choses pour gagner du temps.
En outre, le DG a spécifié que les services administratifs en ligne sont très sollicités, les entreprises ayant l’impression qu’il y a moins de corruption, d’où la nécessité de développer davantage la digitalisation.
La détérioration du climat social, les pratiques sur le marché notamment la concurrence déloyale et l’accaparation de certains produits ainsi que les procédures des marchés publics ont été également pointés en tant que handicaps et on fait chuter l’indice de synthèse, toujours selon le DG.
Idem pour les procédures administratives et le financement bancaire où les entreprises se sont plaintes de la hausse des taux d’intérêts, des conditions d’accès aux crédits notamment les garanties et des délais d’attente.
M. Fradi a assuré que la perception des entreprises est impactée par la pandémie du Covid-19 : 85% des entreprises ont été clairement impactées, 11% n’ayant pas été impactées et 4% positivement impactées (industries pharmaceutiques et secteur informatique).
Ceci dit, il a noté que les sociétés tunisiennes demeurent optimistes pour le futur : un tiers avaient exprimé leur désir d’investir en 2021 et sur le moyen terme développer leurs activités avec de nouveaux investissements et de nouveaux recrutements.
L’animateur est revenu, pour sa part, se référant à l’enquête, sur certains critères alarmants notamment : 70% de baisse de la productivité, 72% de baisse du chiffre d’affaires, 71% baisse d’exportation, 61% de baisse des parts de marché, plus de 80% des sociétés qui n’ont pas opéré de nouveaux investissements en 2020 (seul un tiers d’entre elles l’explique par le Covid-19) et enfin, seulement 30% ont bénéficié des mesures de soutien accordées par l’Etat.
I.N










