Salles de sports transformées en espaces de ventes de fruits et légumes du producteur au consommateur, l’avenue Habib Bourguiba devenue un grand espace ouvert pour les maraichers et étals de ventes d’ustensiles de cuisine jouxtant la voie ferrée.
Le régime de Kaïs Saïed a une certaine vision pour la Tunisie, c’est clair. Il veut contrer intermédiaires et spéculateurs et toutes les formes modernes du commerce. Plutôt que d’acheter dans une grande surface, achetons chez le pauvre vendeur ambulant avec son pick-up au bord de la route. Plutôt que d’acheter dans un magasin, préférons la pauvre assise par terre à la station de métro. C’est connu, les grandes surfaces sont dirigées par des capitalistes voleurs de la sueur, tout comme ces grands magasins flambant neufs construits par de néo esclavagistes.
Nous ne sommes pas en 1850, mais en 2022 en Tunisie.
Chez nous, nous ne savons pas encore que le communisme est mort et que l’Union soviétique n’est plus. Nous expérimentons encore des méthodes qui ont atteint leurs limites ailleurs depuis des lustres.
Les grandes surfaces emploient des milliers de gens dont la CNSS et l’impôt sont payés régulièrement, respectent la chaîne de froid et sont facilement contrôlables par les services d’hygiène et le fisc ? On préfèrera quand même les étals.
Les intermédiaires et les grossistes ne sont pas des spéculateurs, ils font tourner la machine et aident à réguler le marché ? On doit les tuer pour que le consommateur final paie sa marchandise deux cents millimes de moins.
Bref, à ce rythme, cet étal de poteries jouxtant la voie ferrée du métro de Tunis qu’on voit sur la photo va bientôt être plagié par des étals de fruits et légumes, des commerçants de fripe et des vendeurs de barba papa et popcorns.
D’ici 2025, inchallah, le métro de Tunis ressemblera au célèbre train thaïlandais traversant le marché de Maeklong… Et vive Kaïs Saïed !
R.B.H.










