Le député d’Ennahdha, Maher Madhioub, semble avoir épuisé toutes les voies de recours pour sauver ses collègues, les 121 députés ayant participé à la plénière exceptionnelle du 30 mars et visés par une instruction judiciaire. Après avoir sollicité des sénateurs américains et plusieurs instances internationales – l’Union interparlementaire, notamment – , le politicien s’est tourné, vendredi 22 avril 2022, vers des personnalités arabes.
Sur les 125 députés présents à ladite plénière, 121 ont été entendus par la Brigade antiterroriste de Bouchoucha pour attentat contre la sûreté de l’Etat. Leur comparution a, ensuite, été reportée à une date ultérieure.
Hier encore, il réclamait une intervention de la présidente de la commission allemande des droits de l’Homme et de l’aide humanitaire, Renata Alt. Aujourd’hui, ce sont des membres du Conseil arabe : l’ancien président de la République, Moncef Marzouki, la prix Nobel et journaliste affiliée à l’organisation des Frères musulmans, Tawakkol Karman, et le politicien fondateur de l’Organisation égyptienne des droits de l’Homme, Ayman Nour.
Dans une publication sur sa page Facebook, Maher Madhioub a écrit : « (…) Nous nous adressons à vous (…) pour défendre 121 députés de l’Assemblée tunisienne des représentants du peuple qui, après avoir rempli leur devoir et organisé une plénière à distance pour discuter des affaires de leur pays et son futur, se sont retrouvés face à la plus rudes des épreuves (…) ».
Maher Mahdioub multiplie depuis le 25 juillet 2021 les appels à l’ingérence étrangère pour rétablir le fonctionnement du Parlement et lui restituer ses prérogatives suspendues par le président de la République, Kaïs Saïed. Celui-ci a, rappelons-le, gelé les travaux du Parlement et s’est arrogé les pleins pouvoirs avant d’annoncer, le 30 mars 2022, la dissolution de cette institution législative en réaction à la plénière qui s’est tenue le jour même pour annuler toutes les décisions présidentielles de l’après 25-Juillet et mettre un terme à la situation exceptionnelle « interminable » dans laquelle le chef de l’Etat a plongé la Tunisie.
N.J.










