Dans un entretien accordé au « Figaro » et paru dans son édition du lundi 25 avril 2022, le leader du mouvement islamiste Ennahdha et président de l’Assemblée des représentants du peuple, Rached Ghannouchi, est revenu sur la crise politique en Tunisie.
« Nous avons soutenu des gouvernements sans forcément y participer. Ces gouvernements auraient dû avoir plus d\’audace et mener des réformes parfois difficiles, comme celle des entreprises publiques ou encore la rationalisation des subventions aux produits de première nécessité. Nous partageons une partie de la responsabilité de ces échecs, mais il faut aussi reconnaître que nous avons été un facteur de stabilité au Parlement. La Tunisie est une oasis de paix dans un environnement en feu. Regardez la Libye voisine ! », a-t-il déclaré.
Commentant les évènements depuis le 25-Juillet, il a évoqué la plénière exceptionnelle du 30 mars suite à laquelle le Parlement a été dissout par le président de la République. « L\’objectif était de ramener le président à ses prérogatives constitutionnelles. La Constitution ne lui donne pas le pouvoir suprajudiciaire, supraexécutif et supralégislatif. Nous voulions faire avorter le coup d\’État », a-t-il indiqué soulignant : « Le 25 juillet, nous (Ennahdha, Ndlr) étions quasiment les seuls à parler de coup d\’État. Aujourd\’hui, plus personne ne doute. Le coup d\’État est impopulaire sur les scènes nationale et internationale ».
Faire marche arrière n’est, cependant, pas possible selon le leader islamiste. « Il propose donc l\’organisation d\’élections législatives et d\’une élection présidentielle dans les six mois à venir, avec un \’retour du Parlement\’ pour des missions définies, comme l\’élaboration de la loi électorale et la nomination des membres de la Cour constitutionnelle », lit-on dans le Figaro.
N.J.










