Le membre du bureau exécutif de l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE), Nafaâ Ennaifer, est revenu, jeudi 28 avril 2022, sur l’étiolement du tissu industriel tunisien. Invité de Wassim Ben Larbi dans l’émission Expresso sur les ondes d’Express FM, il a avancé que l’exercice de l’industrie était devenu difficile notant que le climat général n’encourage guère cette activité.
« Il est plus facile aujourd’hui d’ouvrir un entrepôt, importer des produits et les commercialiser que d’installer des machines, engager de la main d’œuvre et produire. Nous faisons face à plusieurs problèmes, la hausse des coûts (de production), les risques d’impayés… », a-t-il déclaré notant que les industriels ont perdu de leur compétitivité face à un marché inondé par les produits issus de l’importation anarchique.
Il a souligné, dans ce sens, que perdre son tissu industriel impliquerait pour un Etat la perte de son indépendance. « On ne peut parler de compétitivité alors que les entreprises vivent dans le flou et croulent sous le poids des coûts de production, de logistique et des impôts », a-t-il indiqué rappelant que durant la crise Covid-19, les entreprises tunisiennes n’ont eu que des miettes en comparaison avec ce qu’autres entreprises étrangères ont eu de leurs gouvernements.
M. Ennaifer a dénoncé, dans ce contexte, l’absence de stratégie et de politique nationale visant à tisser des partenariats avec les entreprises publiques pour appuyer la production locale. « L’Etat devrait faire face à cette destruction orchestrée de l’industrie tunisienne en mettant un terme à l’inondation du marché, les prix cassés et le dumping monétaire », a-t-il martelé ajoutant que le pays avait perdu tous ses marchés face à la Turquie.
N.J.










