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Les bonnes nouvelles de l’aïd

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    Une citation du poème d’Al Moutanabi, prononcée par le président de la République et voilà que la sphère médiatico-politique s’emballe. Oui, on en est arrivés à ce point, à décortiquer le moindre signe, la moindre symbolique, le plus infime sens caché des choses débitées par le Kaïs Saïed. A chaque nouvelle étape du processus post-25 juillet, on passe par la même dynamique. Il faut dire que le président cultive le secret et ménage ses effets de surprise. Au reste du monde de deviner sa prochaine action. Il faut dire aussi que les canaux avec le pouvoir en place sont pratiquement coupés. Les nouvelles approches dites révolutionnaires et inédites étant ce qu’elles sont, c’est à nous de nous y adapter en nous greffant des décodeurs présidentiels.

     

    Cette dynamique, donc, se présente de la sorte : le président lance un mot, l’élément de langage est repris par les pages et comptes des aficionados qui brodent autour, la rumeur tourne en boucle jusqu’à se transformer en évidence, quelques « explicateurs » font le tour des médias, tout le monde extrapole et surtout attend que la décision du grand manitou tombe enfin. Actuellement, nous sommes dans cette phase d’inertie fébrile, de stagnation transitoire annonciatrice de bouleversements.

    C’est un vers d’Al Moutanabi qui a mis la puce à l’oreille à la sphère. Les décodeurs se sont mis en branle et on a conclu qu’il y aura du changement, une annonce importante durant l’aïd. Le président avait associé sa citation à un terme qu’il a répété à plusieurs reprises : pas de reconnaissance, pas de reconnaissance … !

    Mais que va-t-il encore faire ? Qu’a-t-il l’intention de changer ? N’est-elle pas belle la « démocratie » saiedienne en passant ? La transparence et la confiance sont reines, n’est-il pas ?   

     

    Chacun y va ainsi de son analyse. Le président parle d’entités qu’il refuse de reconnaitre. Il enrobe cela dans ses accusations habituelles de félonies et d’intelligence avec des forces étrangères. Conclusion de l’analyse n°1 : il devrait annoncer la dissolution des partis politiques ou des organisations qu’il estime coupables de traitrise. Kais Saïed a toujours clamé la disparition des partis comme étant une réalité historique nécessaire à un potentiel renouveau politique. Certains de ses « explicateurs » ont même balancé du « Daech » pour qualifier les partis. Tentera-t-il le coup ? Ce serait vraiment trop gros pour passer.

    Analyse n°2 : le président contournerait le chaos que pourrait susciter une dissolution pure et simple des partis, en promulguant un décret qui les mettrait au ban. Il ne jure que par les textes de loi sur-mesure. Il a déjà annoncé son intention de changer du tout au tout le code électoral. Il a une idée précise de comment doivent s’organiser les prochains scrutins et on a une idée bien précise de ce qu’il pense des partis. Tous les éléments tendent à dire qu’il tentera de leur interdire de participer aux élections sous la forme qu’on connait habituellement. Par ailleurs, une clause d’inéligibilité bien contraignante pourrait faire son apparition dans ce nouveau code et lui permettrait d’écarter d’office un certain nombre de partis sur lesquels pèsent, par exemple, des soupçons d’intelligence, ou qui ont des affaires en cours, ou dont les comptes ne sont pas en règle, ou dont les leaders sont soupçonnés de corruption… Le temps judiciaire étant trop lent pour le grand chef, il s’agirait d’éluder ce problème une bonne fois pour toutes. Les possibilités sont infinies et au point où l’on est, plus rien ne devrait nous surprendre.

     

    Il y aussi l’option remaniement ministériel durant l’aïd sur laquelle on commence à extrapoler. Parce qu’il ne faut pas oublier qu’on reste toujours dans le domaine de la déduction tant le pouvoir actuel est hermétique et ses rouages abscons. Des quelques bribes qui fuitent, nous savons qu’il y a bisbille entre les différents clans qui (mal)entourent le président. Nous savons aussi que quand les luttes intestines s’intensifient cela n’augurera forcément rien de bon pour l’un des clans.

    Accéder au pouvoir peut survenir par un accident conjoncturel, savoir manier le pouvoir et gérer les choses de l’Etat ça sort du champ de l’aléatoire.  

     

    En attendant que quelque chose survienne (ou pas), je vous souhaite à toutes et à tous un joyeux aïd.

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